Des bus belges pour les Etats-Unis

Le constructeur de bus Van Hool, situé à Koningshooikt, construira dans les prochaines années 510 bus pour le marché américain. Pour une partie de ce contrat, Van Hool construira une nouvelle usine à l'étranger, ce qui inquiète les syndicats de l’entreprise. De son côté, le ministre-président flamand, Kris Peeters, se veut rassurant.

La construction concerne plus spécifiquement 210 autocars de type "coaches", qui seront fabriqués en Belgique, et 300 "véhicules à faibles coûts". Pour ce second contrat, Van Hool construira une nouvelle usine à l'étranger, a annoncé la société lors d'un conseil d'entreprise.

Ces "bus de faibles coûts" sont des véhicules qui nécessitent moins de travail de précision et peuvent être davantage construits en série. Ce type de véhicules est de plus en plus populaire aux Etats-Unis, où ce marché est dominé par les véhicules mexicains et chinois.

Van Hool estime devoir être présent sur ce segment: "Sans cet investissement important à l'étranger, la présence de Van Hool sur le marché américain serait menacée à court terme", explique Filip Van Hool, le patron de l'entreprise.

La production de ces "bus à faibles coûts" n'est pas possible en Belgique à cause des coûts salariaux élevés. Une nouvelle usine, dont la localisation sera décidée dans le courant du mois de janvier, sera donc construite à l'étranger. Grâce à ce contrat, Van Hool a aussi pu signer un deuxième contrat pour la fabrication de 210 "coaches", qui seront eux assemblés en Belgique.

Ces contrats n'auront aucun impact sur l'emploi en Belgique. Van Hool emploie plus de 4.000 personnes dans le monde, principalement sur ses sites de production à Koningshooikt et Bree.

Inquiétude des syndicats

Les syndicats ont des sentiments partagés après l'annonce du double contrat conclu par la société Van Hool. La constructions de 300 autocars dans une nouvelle usine à l'étranger inquiète les syndicats, même s'ils se montrent compréhensifs par rapport aux défis concurrentiels auxquels doit faire face l'entreprise.

"La porte vers les pays à bas salaires est ouverte. C'est un danger", explique Hans Vaneerdeweg, de la FGTB-Métal. Une inquiétude partagée par Luk De Bock, de la CSC-Metea: "C'est un début, c'est clair. Nous nous posons des questions pour le long terme."
 

Kris Peeters se veut rassurant

Pour le ministre-président flamand, Kris Peeters (photo), le double contrat de Van Hool pour le marché américain ne doit pas être considéré comme une délocalisation d'une usine flamande, mais bien comme une internationalisation.

Le chef du gouvernement flamand dit comprendre qu'une usine flamande réalise une partie de sa production à bas prix dans un pays à bas salaire, pour ses débouchés à l'étranger et le maintien de sa compétitivité. D'autres industries flamandes ont d'ailleurs précédé Van Hool dans cette stratégie, a-t-il relevé.

A ses yeux, il est important que les 210 bus "coaches" - "une part significative du contrat américain" - soient assemblés en Belgique, dans le cadre des projets du gouvernement flamand de soutien à l'industrie et au secteur de la recherche et du développement.