Une première greffe du visage en Belgique

La première greffe de visage réalisée en Belgique a été effectuée il y a quelques semaines avec succès par une équipe de l'hôpital universitaire de Gand. Cette opération porte à 19 le nombre de greffes du visage réalisées dans le monde.

L'équipe du professeur Phillip Blondeel (grande photo)a greffé le visage d'un donneur récemment décédé à un patient belge sévèrement mutilé à la face. Le patient, à propos duquel aucune information n'a été fournie, se porte bien.

"J'ai rencontré le patient ce matin", a déclaré Stan Monstrey, chef de service de la clinique de chirurgie plastique de l'hôpital universitaire de Gand, cité par le quotidien néerlandophone. "Des analyses doivent encore être faites, mais tout se déroule normalement jusqu'à présent".

Cette opération porte à 19 le nombre de greffes du visage réalisées dans le monde depuis la première transplantation partielle dont a bénéficié en 2005 la Française Isabelle Dinoire à Amiens. La Belgique est le troisième pays européen, après la France et l'Espagne, où une opération du genre a été réalisée.

L'intervention chirurgicale a été préparée durant près de trois ans par une équipe de près de 65 personnes de l'hôpital universitaire de Gand. L'opération en elle-même a duré près de 20 heures. On n'a pas seulement transplanté au cours de l'opération de la peau mais aussi la plus grande quantité d'os au monde.

"L'intervention s'est très bien passée, tant et si bien que le patient a pu prononcer ses premiers mots après six jours", a déclaré le Dr Blondeel samedi après-midi lors d'une conférence de presse.

Selon lui, l'intervention répond à des principes éthiques car le visage peut être considéré comme un organe vital des sens et de la communication non verbale. "Pour ce patient, il n'y avait pas d'autre solution que de procéder à une transplantation."

Pourtant, l'intervention n'est pas sans risque. Sur les dix-neuf patients ayant subi une greffe du visage dans le monde, dont le premier il y a six ans, deux sont décédés.

Selon le Dr Blondeel, l'université de Gand a l'ambition pour le futur de réaliser d'autres transplantations de tissus composites. "Outre le visage, des mains, des bras, l'abdomen et encore d'autres parties du corps, dont la réparation est difficile, seront transplantés à l'avenir au sein de l'hôpital universitaire. La première greffe de visage n'est que la première étape".