"Le gel des dépenses: un élément positif"

"Il y a encore du travail à réaliser, mais la Commission européenne reconnaît que notre budget est sur la bonne voie" a déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V).

"Après les critiques de la semaine dernière, l'Europe nous accorde cette fois une confiance conditionnelle", ajoute Steven Vanackere.

Le ministre des Finances, Steven Vanackere a eu, selon ses dires une bonne discussion, la semaine dernière avec le commissaire européen Oli Rehn sur le budget élaboré à la fin de l’année par le nouveau gouvernement.

Le gouvernement fédéral devra prendre des "décisions sérieuses", lors du contrôle budgétaire organisé début février pour tenir compte du ralentissement de la croissance, a prévenu Steven Vanackere.

Invité de l'émission Matin Première de la RTBF-radio, Steven Vanackere a admis que les prévisions de croissance sur lesquelles est fondé le projet de budget adopté en décembre dernier étaient "trop optimistes".

Le projet de budget fédéral pour 2012 prévoit une croissance économique de 0,8% et un déficit du Produit intérieur brut (PIB) de 2,8%. L'Europe, de son côté, calcule qu'avec une croissance de 0,8%, le déficit pour 2012 atteindra les 3,1% du PIB, soit 0,1% de plus que le maximum autorisé en matière de déficit.

Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a enjoint dès lors la Belgique de prévoir de 1,2 à 2 milliards d'euros d'efforts budgétaires supplémentaires et avait fixé comme échéance ce lundi matin.

D'où la décision prise vendredi par le conseil ministériel restreint ("kern") de "geler" des dépenses à hauteur de 1,2 à 1,3 milliard d'euros.

"Un élément d’information positif"

La Commission européenne a salué cette décision lundi.

Cet "élément d'information positif" sera pris en considération dans une évaluation globale du budget belge, attendue sous peu, a indiqué un de ses porte-parole.

En novembre dernier, la Commission avait pressé la Belgique, ainsi que quatre autres pays (Malte, Chypre, Pologne, Hongrie), de prendre d'urgence des mesures pour éviter que leur déficit public dépasse 3% du PIB en 2012 - sous peine de recourir à ses nouvelles compétences de sanction.
Le commissaire aux affaires économiques, Olli Rehn, a répété sa mise en garde à la Belgique la semaine dernière, en appelant le gouvernement à corriger immédiatement la détérioration budgétaire liée à la révision à la baisse des perspectives de croissance.
Le gouvernement a réagi en gelant provisoirement 1,3 milliard d'euros de dépenses, dans l'attente du prochain contrôle budgétaire, en février, où des mesures d'économies concrètes sont attendues.

"Ces mesures s'ajoutent à celles qui ont déjà été prises dans le cadre du budget 2012. C'est un important élément d'information positif", a réagi lundi un porte-parole de la Commission.
Celle-ci rendra "dans les prochains jours" son évaluation budgétaire des cinq pays en risque de dérapage, a-t-il ajouté.