Vers un bilinguisme indéniable des hauts fonctionaires?

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Hendrik Bogaert (CD&V) veut que les 140 fonctionnaires les plus haut placés de l'administration démontrent dans les six mois un "bilinguisme indéniable", sous peine de perdre leur prime de management.

Cette exigence se retrouve déjà dans la loi depuis 2002, mais elle n'est pas appliquée, relève M. Bogaert. Il se refuse à prolonger l'arrêté royal prévoyant "dans l'attente d'une application de la loi" des adjoints bilingues pour les hauts fonctionnaires ne maîtrisant pas une deuxième langue nationale.

Hendrik Bogaert reconnaît que ces mesures ne figurent pas dans la déclaration de gouvernement et n'ont pas été discutées au gouvernement.
Il les justifie par leur existence légale, une efficacité accrue des services publics, la nécessité pour le manager public d'évaluer son personnel, ainsi que "le souffle nouveau" venu de la promesse du Premier ministre Elio Di Rupo de s'efforcer à maîtriser le néerlandais avec plus de fluidité.
La N-VA la soutient "à 100 pc", a souligné le député Ben Weyts en commission de la Chambre. "Elle permettra de rectifier un scandale", selon lui.
Le groupe Ecolo-Groen ne s'y oppose pas non plus. "Nous sommes d'accord si vous voulez introduire cela de manière intelligente et constructive", a indiqué Kristof Calvo, parlant de missions de service public et d'empathie.

Pour les francophones cela ne figure pas dans l'accord de gouvernement

Les réactions francophones ont été plus mesurées. Le député Laurent Devin (PS) a indiqué que le secrétaire d'État pouvait compter sur l'appui du PS pour "tout ce qui se trouve dans l'accord de gouvernement".
Jacqueline Galant (MR) est sur la même longueur d'onde que son collègue du PS. Elle dit déplorer les déclarations portant sur des points qui ne figurent pas dans l'accord de gouvernement.
Hendrik Bogaert a assuré que sa proposition ne visait aucun groupe de population. "Moi-même, je ne suis pas parfaitement bilingue", a-t-il relevé. Mais il en va d'une question d'efficacité, notamment lors de réunions bilingues, selon lui.
Le secrétaire d'État va présenter sa mesure au collège des présidents de l'administration pour l'affiner. Il n'exclut pas non plus une deuxième chance au cas où un haut fonctionnaire échoue.
"Ce n'est pas au collège de décider. Ce serait demander à une dinde ce qu'elle pense du repas de Noël", a répondu Ben Weyts, appelant à l'application pleine et immédiate de la loi de 2002.