Homs: "C’est une histoire très bizarre"

Les journalistes de la VRT Rudi Vranckx et Jens Franssen, ainsi que trois caméramans et preneurs de son, qui se trouvaient mercredi dans la ville syrienne de Homs lorsque des tirs de grenades ont tué 8 personnes devant leurs yeux, dont un collègue de France 2, sont rentrés en Belgique. Le ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR), demande des explications à la Syrie.

L’équipe de radio et de télévision du service public flamand VRT - comprenant les journalistes Rudi Vranckx et Jens Franssen (photo ci-dessous), ainsi que les caméramans et preneurs de son Jan Bické, Filip Van Hecke et Kris De Naegel - se trouvait en Syrie depuis mardi pour un reportage. Mercredi, elle faisait partie d’un groupe de journalistes étrangers qui visitaient la ville de Homs, l’une des cités syriennes où vit depuis plusieurs mois une opposition féroce au président Bachar al-Assad. L’équipe de la VRT a échappé de justesse à une attaque aux mortiers, qui a par contre coûté la vie au journaliste français Gilles Jacquier (France 2) et à sept Syriens.

Le régime repousse déjà depuis des mois les journalistes étrangers, mais cette semaine une quinzaine de représentants de médias étrangers avaient pu visiter la Syrie, sous escorte des troupes de sécurité.

« Soudain, notre guide ne nous a plus accompagnés. Plusieurs autres personnes du groupe ne nous ont plus suivis non plus », racontait ce vendredi le journaliste radio Jens Franssen. « Dès les premières explosions, nous nous sommes réfugiés dans un bâtiment, mais les personnes du service de sécurité ne nous ont pas accompagnés. Au moment précis où nous nous trouvions à cet endroit, cinq grenades ont été tirées. Puis le calme est revenu dans le quartier. Nous avons également remarqué que les magasins qui se trouvaient dans cette rue étaient fermés, alors que dans d’autres quartiers il y avait de l’animation dans les rues », poursuivait Janssen.

« Nous ne pouvons rien prouver noir sur blanc, mais quand on additionne les morceaux du puzzle il en ressort une histoire très bizarre ».

Le régime syrien et ses opposants se renvoient la responsabilité de cette attaque, qui a tué sept Syriens et le journaliste français Gilles Jacquier, dont la dépouille arrivait ce vendredi à Paris. Ce jeudi, le correspondant Jorn De Cock avait déjà supposé qu’il s’agissait vraisemblablement d’une embuscade du régime. « L’une des versions du régime est que les grenades ont été tirées depuis les quartiers rebelles. L’opposition souligne pour sa part qu’il s’agissait de tirs de mortiers, des armes que les rebelles à Homs ne possèdent pas ».

Le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (photo), a demandé des explications au gouvernement syrien pour cet incident sanglant. « Nous suivons l’affaire de près. Ensemble avec nos collègues européens, nous avons demandé aux autorités syriennes qu’elles mènent une enquête sur ce qui s’est passé à Homs », précise le ministre.