La Belgique épargnée par S&P

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's (S&P) ne dégradera pas prochainement la notation du crédit à court terme de la Belgique, ce qui constitue "une bonne nouvelle", a estimé samedi matin le ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V) dans l’émission De ochtend (VRT).

Même si la note de la Belgique avait déjà été dégradée en novembre dernier, cette fois notre pays conserve son double A. Pourtant certains redoutaient que l’agence de notation n'abaisse la note d’un cran supplémentaire.

D'après le ministre, la note AA de la Belgique est désormais associée à une "outlook negative" et plus à une "creditwatch negative".

"Cela ressemble à du jargon mais cela signifie que notre note est restée inchangée. Cela signifie aussi que S&P n’a pas l’intention de dégrader prochainement la note de la Belgique et ce contrairement à ce que certaines rumeurs annonçaient. En 2012 et en 2013 nous pourront maintenir notre dette sous contrôle. L'agence d'évaluation se penchera plutôt sur les capacités de remboursement à long terme de la Belgique. Donc en ce qui concerne la Belgique la décision annoncée hier par S&P est une bonne nouvelle", a ajouté Steven Vanackere.

Standard and Poor's avait dégradé la note de la Belgique en novembre en la faisant passer de AA+ à AA.

Vendredi, deux pays de la zone euro, dont la France, ont perdu leur note triple A, sept autres ont vu leur note abaissée et restent sous la menace d'une nouvelle dégradation, seuls l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande dans le groupe de l'Eurozone, ont été épargnés par l'agence de notation Standard and Poor's (S&P).

"La dette publique ne peut dépasser 100% du PIB"

La note attribuée par Standard & Poor's à la Belgique pourrait être abaissée si la dette publique belge venait à repasser la barre des 100% du PIB, ressort-il de l'analyse effectuée sur la Belgique par l'agence de notation.

La note attribuée à la Belgique reste toutefois assortie d'une perspective négative, ce qui signifie qu'il existe au moins une chance sur trois qu'elle soit abaissée.

Une rétrogradation pourrait survenir, explique l'agence de notation dans ces commentaires sur la Belgique, si la dette publique belge venait à augmenter pour dépasser la barre de 100% du PIB, par exemple en raison d'une croissance plus faible.

"Inversement, les notes pourraient se stabiliser au niveau actuel si nous voyons que le gouvernement est capable de contenir l'accroissement de la dette à un niveau proche de son niveau actuel", poursuit Standard & Poor's, précisant que la dette publique belge était estimée à 94% du PIB en 2011.

L'agence de notation rappelle également que la note AA attribuée à notre pays reflète notamment sa vision d'une économie belge "riche, tournée vers l'exportation et compétitive", d'un passé de forte consolidation fiscale depuis le milieu des années '90 ou encore d'un taux d'épargne élevé. S&P souligne également l'engagement du gouvernement belge, dans la cadre du budget 2012, ainsi que les mesures supplémentaires prises en janvier 2012, afin de ramener le déficit public sous la barre des 3% en 2012.

Olli Rehn : Une décision aberrante

Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a "regretté la décision aberrante de Standard and Poor's", qui a abaissé la note de neuf pays de la zone euro vendredi, dans un communiqué.

"Après avoir vérifié que le moment n'a pas été choisi au hasard, je regrette la décision aberrante prise aujourd'hui par Standard and Poor's concernant la note de plusieurs pays de la zone euro, au moment où celle-ci agit de manière décisive sur tous les fronts pour répondre à la crise", écrit-il.

Le commissaire européen chargé de réguler les marchés financiers et l'activité des agences de notation, Michel Barnier, s'est "étonné" samedi du moment choisi par Standard & Poor's pour dégrader plusieurs pays alors que la zone euro est en passe de durcir ses règles budgétaires.

"Alors que tous les gouvernements et toutes les institutions européennes sont mobilisés" pour renforcer la maîtrise des comptes publics et la gouvernance de l'Union monétaire, "je reste étonné du moment choisi par l'agence Standard and Poors et sur le fond, de son évaluation qui ne prend pas en compte les progrès actuels".