"Muffinman" acquitté en appel

La Cour d’appel de Gand a acquitté Steven De Geynst, un quinquagénaire de Tamise, pour le vol de deux paquets de muffins périmés dans un conteneur à déchets d'un supermarché de Rupelmonde. En première instance, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Termonde pour vol avec violence, notamment parce qu’il s’était rebellé contre les employés du supermarché.

Le 22 mars 2010, Steven De Geynst avait sorti deux paquets de muffins périmés d'un conteneur à déchets situé sur un parking d'un GB à Rupelmonde. Le tribunal correctionnel de Termonde avait condamné celui que les médias ont surnommé « Muffinman » à six mois de prison avec sursis. La cour d'appel de Gand l'a cependant acquitté parce qu'il n'y avait pas d'intention frauduleuse puisque pendant des années il bénéficiait d’un accord avec le gérant du supermarché, qui l'autorisait à prendre certains produits périmés.

Steven De Geynst veut à présent entamer une concertation avec les grandes surfaces, afin d'éviter le gaspillage de nourriture. "Je suis satisfait de mon acquittement et j'espère que cet arrêt contribuera à faire sortir de l'illégalité le tri dans les conteneurs", estime-t-il.

"La cour a apparemment tenu compte du fait que j'avais engagé un dialogue avec le propriétaire en vue de récupérer des produits jetés. Il est clair que chacun doit s'adresser aux supermarchés et trouver des accords sur la marchandise jetée. J'espère que la problématique restera au centre de l'attention et que cet arrêt fera sortir de l'illégalité le tri dans les conteneurs."

Déception de la fédération du commerce

La fédération du commerce et des services, Comeos, est pour sa part assez déçue de l'arrêt rendu par la cour d'appel. "Par cet arrêt, les commerçants vont devoir sécuriser encore un peu plus leurs conteneurs. C'est tout de même hallucinant que des investissements supplémentaires doivent être effectués pour mettre en lieu sûr de la nourriture qui ne peut plus être consommée", déclare la fédération.

"Les commerçants offrent chaque année l'équivalent de deux millions de repas aux banques alimentaires", détaille Dominique Michel de Comeos. "Quand la nourriture ne peut plus être proposée à la vente, elle est détruite. Nous ne pouvons donner aucune autorisation en raison de la sécurité alimentaire: chacun a droit à une nourriture sûre. C'est bien pour cela que les supermarchés collaborent avec les banques alimentaires. La nourriture que celles-ci reçoivent des commerçants doit être transportée et conservée de manière sûre. Il est hors de question que les banques alimentaires reçoivent de la nourriture de gens qui font le tri dans les conteneurs", conclut-il.