Le fisc perdrait jusqu’à 30 milliards d’euros par an

Si l’on en croit le professeur Michel Maus, expert en fiscalité et auteur du livre "Iedereen doet het !" (‘Tout le monde le fait’ en français) présenté ce lundi, le montant de la fraude fiscale perpétrée chaque année en Belgique s’élèverait entre 27 et 30 milliards d’euros. Le Secrétaire d’Etat chargé de la Lutte contre la fraude, John Crombez (SP.A), estime que les chiffres sont trop peu connus et veut obtenir davantage de précisions sur l’ampleur de la fraude fiscale et sociale annuelle dans notre pays.

Dans une interview accordée ce lundi matin à la rédaction de la VRT, le Secrétaire d’Etat chargé de la Lutte contre la fraude sociale et fiscale, le socialiste John Crombez (photo), déclarait que : « Il est très difficile de donner un montant exact de la fraude fiscale annuelle en Belgique. Les estimations varient en effet entre 6 milliards et 30 milliards d’euros. Ce qui signifie en fait que nous n’en savons rien et que c’est un montant très important. J’ai déjà lancé un appel pour qu’une commission indépendante examine la question ».

Le Secrétaire d’Etat réagissait ainsi au livre du professeur Michel Maus, expert en fiscalité, intitulé « Iedereen doet het ! » (à traduire en français par « Tout le monde le fait ! »), présenté ce lundi à la presse. Se basant notamment sur des études réalisées par le professeur autrichien Friedrich Schneider, qui a démontré que le fisc belge avait perdu 26 milliards d’euros en 2010, le professeur Maus évalue entre 26 et 30 milliards d’euros le montant total annuel de la fraude fiscale en Belgique.

Pour mener son enquête, le professeur Michel Maus a interrogé un millier de Flamands et Bruxellois provenant de « groupes représentatifs ». Quelque 20% d’entre eux ont affirmé travailler au moins partiellement au noir, alors que 44% ont avoué l’avoir fait par le passé. Ce seraient avant tout les ouvriers (43%) qui effectue du travail au noir. Pas un seul fonctionnaire ne fait du travail non déclaré, mais les fonctionnaires sont bien champions de l’achat de marchandises ou de la commande de services sans facture.

Parmi les secteurs les plus concernés par le travail au noir figurent celui de la construction (33%), de l’Horeca (32%) et du nettoyage (8%). Selon certains, le travail au noir serait presque un mal nécessaire dans certains secteurs, en raison de la pression fiscale.

Le Secrétaire d’Etat Crombez veut aussi creuser davantage dans le domaine de la fraude sociale. Il estime que la lutte contre la fraude permettra de faire rentrer cette année jusqu’à 720 millions d’euros supplémentaires dans les caisses de l’Etat. « Mais ce montant va progressivement augmenter, à mesure que l’ampleur de la fraude fiscale diminuera », concluait John Crombez.