La justice rejette la plainte de Bart De Wever

La justice belge a rejeté ce mardi la plainte pour calomnie déposée par le président du parti nationaliste flamand (N-VA) Bart De Wever contre l'écrivain belge Pierre Mertens, qui l'avait accusé en 2007 dans Le Monde d'avoir tenu des propos négationnistes. Le tribunal a estimé que les faits étaient prescrits.

La chambre du conseil de Bruxelles a jugé impossible la tenue d'un procès devant une cour d'assises, compétente en Belgique en matière de délit de presse, pour régler le différend entre les deux hommes, estimant que les faits étaient prescrits.

La loi belge de 1831, toujours en vigueur, fixe à trois mois le délai de prescription en matière de délits de presse, ce qui dans les faits rend impossible la tenue de tels procès, a relevé l'avocat de l'écrivain, Me Alain Berenboom.

L'affaire opposant Bart De Wever à Pierre Mertens remonte à octobre 2007, lorsque le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens (SP.A), présente ses excuses pour le zèle des autorités de sa ville dans la déportation de milliers de Juifs en 1942. Bart De Wever avait réagi en qualifiant ces excuses de "gratuites".

Dans un article publié dans le quotidien français Le Monde, Pierre Mertens, lauréat du prix Médicis en 1987, avait alors qualifié Bart De Wever de "leader résolument négationniste". Le chef des indépendantistes flamands s'était défendu en expliquant qu'il visait uniquement le caractère "tardif" des excuses et avait porté plainte pour calomnie.

Tout en niant ces accusations, Pierre Mertens avait réclamé la tenue d'un procès public. "Je me suis mis à aimer la perspective de ce procès, car je pense que le chancre du négationnisme plombe l'atmosphère de ce pays et de l'Europe", avait-il expliqué en 2011.

"Sur le plan juridique, Pierre Mertens est lavé des accusations de calomnie, mais il aurait aimé qu'un tribunal ouvre le débat sur le fond", a encore commenté son avocat.