"La Belgique doit économiser 1 milliard d’euros en 2012"

Lors du contrôle budgétaire prévu pour la fin du mois de février, le gouvernement fédéral devra trouver des économies ou nouveaux revenus pour un total d’un peu plus d’un milliard d’euros pour parvenir à ramener le déficit budgétaire à 2,8% du produit intérieur brut (PIB). Ce sont là les conclusions du rapport annuel pour 2011 de la Banque Nationale de Belgique, qui met également en garde contre une inflation et une dette publique trop élevées.

Le rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique (BNB) qualifie l’année 2011 d’année « à deux visages ». Elle avait bien débuté sur le plan économique, encore sur son élan de 2010, mais a vu les nuages s’accumuler en seconde partie, « avec le tremblement de terre et le tsunami au Japon, la hausse des prix des matières premières, les problèmes autour de la dette des souverains, en Europe mais aussi aux Etats-Unis, et les politiques plus restrictives des pays émergents », a résumé ce mercredi le gouverneur de la BNB, Luc Coene (photo).

En Belgique, la croissance a finalement atteint 1,9% du PIB en 2011, après avoir connu 2,3% en 2010. Ce sont néanmoins de « relativement bonnes performances », qui placent notre pays parmi les meilleurs élèves de la zone euro. L’emploi s’est également bien maintenu depuis la crise de 2008, mais la perte de la compétitivité observée depuis cette crise n’a que partiellement été résorbée.

Pour 2012, la Banque Nationale prévoit une croissance « autour de zéro », avec une évolution du PIB d’environ -0,1%, en tenant compte de l’impact des mesures décidées jusqu’en janvier par le gouvernement fédéral dans le cadre du budget 2012, comme notamment le gel temporaire des dépenses fédérales à hauteur de 1,3 milliard d’euros.

La Belgique est entrée en légère récession durant les derniers mois de 2011, avec une évolution du PIB très légèrement négative au second semestre 2011. L’activité économique devrait stagner au début de 2012, avant un redressement très limité prévu en seconde partie d’année. Cette croissance atone se reflètera sur l’emploi, estime la BNB. Les créations nettes d’emploi sont escomptées à seulement 1.200 unités, ce qui poussera le chômage à la hausse. Le taux de chômage pourrait ainsi atteindre 7,7% en 2012, indique la BNB, qui table sur une prévision d’inflation légèrement revue à la hausse, à 2,6%, à cause de certaines hausses de TVA décidées par le gouvernement fédéral.

En tenant compte d’une nouvelle méthode de calcul, plus représentative, des comptes des administrations locales, la Banque Nationale évalue le déficit public belge à -3,1% du produit intérieur brut cette année, après -4% l’an dernier. « Pour obtenir un déficit public de 2,8% du PIB, il reste donc 0,3% à trouver, soit environ un milliard d’euros », a expliqué le gouverneur Luc Coene. Selon ce dernier, une partie de ce montant devrait pouvoir être facilement supporté par les Régions et Communautés.

Trop d’emplois publics

En 10 ans, presque 200.000 emplois ont été créés en Belgique dans le secteur public, constate la BNB. Ce secteur compte maintenant au total 1,3 million d’emplois.

« Entre 2000 et 2010, l’emploi du secteur public a augmenté de 13%. Si on enlève la Défense, qui a supprimé des emplois, la hausse est de 17% », souligne le gouverneur Luc Coene. Selon lui, cette tendance explique en partie l’importante hausse des dépenses primaires observées ces dernières années. Elles ont en effet augmenté de 7,5% depuis 2000, pour atteindre 49,9% du PIB. « Un niveau très élevé du point de vue historique ».

Et de souligner que la hausse des dépenses primaires depuis 2000 est supérieure à la hausse du PIB belge sur la même période, ce qui va poser des problèmes en matière budgétaire. Le gouverneur de la BNB estime qu’il faut mettre un frein à cette croissance de l’emploi public.

Le rapport de la BNB souligne enfin que l’inflation plus élevée en Belgique que dans les trois principaux pays voisins et le handicap salarial figurent parmi les principaux défis auxquels fait face actuellement l’économie belge.

La hausse des prix s’est avérée être en moyenne 1% plus élevée en Belgique que chez nos voisins. L’écart s’explique en grande partie par l’augmentation des prix de l’énergie, qui a atteint 17% chez nous contre 10% en moyenne dans les pays limitrophes.

Les plus consultés