L’Europe inquiète pour la compétitivité de la Belgique

Les capacités de compétitivité et d’exportation de la Belgique inquiètent la Commission européenne. C'est ce qui ressort du rapport présenté ce mardi soir par le Commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. Comme 11 autres pays de l’Union, la Belgique a été placée sous surveillance macro-économique par la Commission européenne.

Au cours des cinq dernières années, les exportations de la Belgique ont diminué de 15% alors que les salaires dans notre pays ont augmenté plus rapidement que dans les autres pays de la zone euro. Cette hausse plus importante est notamment due au système de l’indexation automatique des salaires en Belgique.

Selon le Commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn (photo), le rapport de la Commission européenne réalisé dans le cadre de nouvelles compétences qu’elle a acquises à la fin de l’an dernier a pour but « d’identifier et de corriger des déséquilibres dangereux. Dans certains pays membres, ces déséquilibres ont grandi au cours des dernières années. Nous voulons donner à leur économie une base solide, afin que ces pays puissent résister à d’éventuels chocs économiques futurs ».

Comme onze autres pays de l’Union, la Belgique a été placée mardi sous surveillance macro-économique par la Commission européenne. Notre pays est surtout visé pour l’érosion de ses parts de marché à l’exportation et de sa compétitivité.

La procédure de surveillance macro-économique s’inscrit dans le cadre du « six-pack », un cadre de contrôle économique des Etats membres plus étroit, en vigueur depuis décembre dernier. Il s'agit d'un ensemble de six mesures très strictes destinées à éliminer les déficits budgétaires (3% du produit intérieur brut) et les dettes publiques (60% du PIB).

Les nouvelles règles peuvent déboucher sur des amendes par les pays en déficit persistant et trop endettés, mais aussi - et c’est une nouveauté - pour les pays en dérapage dont l’économie est jugée déséquilibrée.

Sur base de critères comme les coûts salariaux, la dette privée, les bulles spéculatives, la Commission européenne a épinglé 12 pays membres, à savoir la Belgique, la Bulgarie, Chypre, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, la Hongrie, la Slovénie, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. A terme, le gouvernement belge pourrait être invité à prendre des mesures pour restaurer la compétitivité du pays et retrouver des parts de marché à l’exportation.