"Les Chinois aiment les politiciens poétiques"

A l’occasion du sommet Union européenne - Chine de cette semaine à Pékin, la popularité du président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy, a une nouvelle fois été confirmée. Plus de 185.000 admirateurs chinois l’ont en effet suivi sur le microblog Weibo, alors que Van Rompuy publiait ses messages en anglais. Son succès en Chine est d’autant plus inattendu qu’en Europe l’ancien Premier ministre belge est plutôt considéré comme ayant peu de charisme. Sur Twitter, il a nettement moins de lecteurs.

« Ecrire pour le microblog Weibo est devenu une habitude pour moi. Ce sont avant tout les jeunes Chinois qui s’intéressent, en nombre, à la diversité des cultures européennes. J’espère que d’autres personnalités politiques en feront aussi usage, pour entrer en contact avec les Chinois », déclarait le président du Conseil européen Herman Van Rompuy (photo) aux journalistes du site internet de la Deutsche Welle.

« Les Chinois s’intéressent réellement aux étrangers. Et à la manière dont pensent les chefs d’Etat et de gouvernement. Je suspecte qu’ils ont une image positive des politiciens qui s’intéressent à la poésie et la philosophie. Ou qui ne sont pas simplement des technocrates qui ne s’intéressent qu’à la politique ».

Herman Van Rompuy est pourtant lui-même considéré par beaucoup comme un technocrate. Cette image a notamment été divulguée par le nationaliste britannique et eurosceptique Nigel Farage qui, au début de l’année 2010, décrivait au Parlement européen Herman Van Rompuy comme « un petit employé de banque avec le charisme d’une serpillière mouillée ».

Mais Van Rompuy ne se soucie guère de son manque de popularité en Europe et continue à écrire des haïkus. Tout en précisant : « Il y a un an, je n’avais pas de fans sur Twitter, maintenant j’en ai 45.000. Je suis donc en train de rattraper le retard ! ».