L’anglais est partout, le français a disparu

"La connaissance du français est en baisse chez les étudiants flamands", c’est le constat de l’organisateur des Olympi@des du Français et de la Francophonie (Olyfran), Willy Clijsters.

Cette année 7.168 étudiants flamands des quatre dernières années de l’enseignement secondaire ont participé à la 25ème édition de ces Olympiades. Un succès d’affluence qui cache pourtant un manque de connaissance de la langue de Molière auprès des jeunes Flamands.

Le professeur émérite Willy Clijsters (68 ans) est très pessimiste concernant l’usage du français auprès des étudiants flamands. Il a lui-même enseigné durant des années la langue de Molière au  "Centre de Linguistique appliquée" de l’Université de Hasselt avant de lancer en 1997 "La Tour Eiffel", un concours de français limité au départ aux étudiants de la province du Limbourg mais qui s’est rapidement étendu à toutes les provinces flamandes.

"Nous avons dû adapter les difficultés sinon plus personne ne pouvait réussir" a-t-il déclaré au quotidien De Standaard. Il déplore des lacunes dans l’emploi de certains verbes irréguliers et un manque de finesse dans la langue.

D’où vient cette diminution de la connaissance du français ?

Selon Willy Clijsters,  "il n’y a pas de raisons politiques à cela. C’est plutôt une indifférence culturelle. Les jeunes ne sont plus en contact avec le français. Dans tout ce qui concerne les ordinateurs, le cinéma, la télévision et la musique pop c’est l’anglais qui domine. La langue de Shakespeare est partout dans la vie quotidienne alors que le français est plus difficile à trouver. C’est devenu une matière scolaire avec toutes les conséquences négatives que l’on imagine. A mon époque, de nombreux chanteurs flamands chantaient en français. Aujourd’hui à part Arno, il n’y en a presque plus".

"Auparavant, les intellectuels flamands lisaient des journaux et des magazines français, ce n’est plus le cas aujourd’hui.  Récemment j’ai entendu un journaliste flamand interroger un ministre wallon en anglais. Nous en sommes là !" ajoute Willy Clijsters.

L’enseignement des langues serait-il défaillant en Communauté flamande ?

"Les enseignants font de leur mieux mais ils disposent de moins de matériel didactique contemporain en français alors que l’offre est beaucoup plus importante en anglais" ajoute Wily Clijsters.

Le français reste intéressant pour trouver un job

Il constate cependant que les entreprises flamandes sont toujours à la recherche de collaborateurs capables de s’exprimer en français. "Un quart de nos importations et de nos exportations concernent toujours la France, sans parler des pays francophones, pourtant cela ne suffit pas à motiver les jeunes".

Mais pour Willy Clijsters, la raison la plus importante pour que les Flamands continuent à apprécier le français c’est qu’il faut préserver les contacts avec la Wallonie et Bruxelles.

Cette édition des Olympiades de français avait d’ailleurs comme devise :  "Devenez un citoyen du monde, apprenez la langue de vos voisins".

Le site des Olympi@des