Verhofstadt : "Un accord très déséquilibré"

"Le nouvel accord européen sur le plan d’aide à la Grèce est très déséquilibré" a estimé mardi le président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt. L’ancien Premier ministre belge relève qu’on demande un effort supplémentaire à la population et aux entreprises mais que les problèmes structurels de la Grèce ne sont pas réglés.

Les pays de la zone euro se sont mis d’accord ce mardi à l’aube sur un nouveau plan de sauvetage de 237 milliards d’euros. Guy Verhofstadt s’exprimait ce mardi matin dans l’émission "De ochtend" (VRT).

S’il ne met pas en cause la nécessité d’un tel accord pour éviter la faillite de la Grèce, il estime que le programme d'austérité imposé à ce pays est "déséquilibré, car on demande de la modération salariale aux travailleurs, des impôts supplémentaires aux entreprises privées, mais pas assez de réformes structurelles de l'économie grecque.

Risque de contamination vers l'Espagne et l'Italie

Selon lui, il convient notamment de réformer le système "clientéliste" des partis politiques grecs. Il en appelle à l'émergence de partis "réformistes".

Pour l’ancien Premier ministre belge, il faudrait aussi réduire l'importance du secteur public en Grèce, libéraliser les marchés, imposer un "programme de privatisation gigantesque". Une partie du produit de la privatisation pourrait ainsi être utilisée pour réinvestir dans l'économie de ce pays.

Guy Verhofstadt plaide aussi pour un changement du système de taxation grec dont la complexité favorise l'évasion fiscale.
Le plan n’offre pas non plus de vraie protection pour les autres économies : le risque de contamination vers l’Espagne ou l’Italie est réel.

un accord qui offre des perspectives à la Grèce

"C'est un accord qui offre enfin une perspective à la Grèce", a déclaré dans une première réaction le ministre belge des Finances Steven Vanackere à l'issue de la réunion marathon portant sur un plan de sauvetage de la Grèce.
 

Les ministres des dix-sept pays de la zone euro sont parvenus à un accord dans la nuit de lundi à mardi sur un plan de sauvetage de 130 milliards d'euros. Cela devrait permettre de ramener la dette grecque à un niveau de 120,5% du PIB, selon Steven Vanackere.
Pour y arriver, les créanciers privés de la Grèce devront faire un effort supplémentaire et le gouvernement devra faire de nouvelles économies. Les pays de la zone euro renonceront à une partie des revenus qu'ils tirent du fait que la Grèce paie un taux plus élevé que le leur.
"Moralement, c'est juste. On met fin au paradoxe qui nous faisait gagner de l'argent par ce biais", souligne Steven Vanackere. La Belgique aussi laissera tomber une partie de ces revenus, mais cet effort n'est "pas de nature à déstabiliser le budget".
En échange de "l'engagement clair" des pays de la zone euro, la Grèce doit selon lui accepter un "monitoring plus strict" et "une présence plus forte de la Commission européenne".