Le stockage des déchets nucléaires pas assez sécurisé à Dessel

Des manquements en matière de sécurité ont été découverts lors d'un contrôle surprise de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) auprès de l'entreprise de retraitement de déchets nucléaires Belgoprocess, à Dessel (Anvers).

Les bâtiments dans lesquels l'entreprise de traitement des déchets nucléaires stocke ses déchets radioactifs, doivent bénéficier de manière urgente de mesures de sécurisation.

Une inspection surprise de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a montré que Belgoprocess doit faire des efforts supplémentaires en matière de prévention et sécurité incendie dans les entrepôts de stockage.

Le rapport de l'AFCN pointe dans son rapport de sécurité les bâtiments vieillis, des fûts et conteneurs dégradés et une politique déficiente en matière de prévention des incendies.
Selon l'agence, les améliorations nécessaires ne se sont par ailleurs pas mises en œuvre suffisamment rapidement.
"Nous ne pouvons pas être satisfaits", indique Manfred Schrauben, de l'AFCN. "Il n'y a vraisemblablement pas de risque nucléaire immédiat, mais Belgoprocess doit améliorer un certain nombre de choses. Si ce n'est pas fait rapidement, l'entreprise devra transférer à court terme ses déchets nucléaires dans des endroits mieux sécurisés.

Groen demande à Joëlle Milquet d'intervenir

Le député Groen Kristof Calvo a pressé mercredi la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (CDH) d'intervenir en personne après les problèmes découverts à Dessel.

Pour l'élu écologiste, ces problèmes ne sont pas neufs. "Belgoprocess avait dû élaborer un plan d'action après le premier audit. Mais la mise en œuvre de ce plan se déroule de manière beaucoup trop lente. L'inspection complémentaire de l'AFCN est une bonne chose, mais la ministre Milquet doit maintenant clairement faire comprendre à Belgoprocess que, en matière nucléaire, on ne peut se satisfaire que du meilleur".

Belgoprocess : "La sécurité, un travail permanent"

"La sécurité est un point sur lequel on travaille de manière continue", a indiqué mercredi Bart Thieren, porte-parole de Belgoprocess.
La société a embauché l'an dernier plus de 80 personnes, spécifiquement pour assurer la mise en oeuvre de son plan stratégique de sécurité. Ce plan est le résultat d'un audit que Belgoprocess a lui-même demandé il y a un an et demi à l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN).
L'Agence s'est rendue sur place à Dessel durant une semaine, avec une douzaine de personnes. "L'objectif était d'anticiper la future réglementation de l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA)", selon M. Thieren. Le plan stratégique de sécurité qui a été rédigé à la suite de l'audit comprend 34 grands projets, parmi lesquels figure la prévention des risques d'incendie. Sur ce point précis, l'AFCN a adressé une série de remarques lors d'une inspection effectuée à la mi-janvier.
"Pour réaliser le plan de sécurité, nous sommes passés l'an dernier de 215 à 300 personnes. Mais pour embaucher ces gens, il a fallu du temps, et une fois qu'ils ont été recrutés, ils ont aussi eu besoin de temps pour se familiariser", a ajouté M. Thieren.
Le porte-parole souligne que la sécurité est "un point sur lequel on travaille en permanence" et que des contrôles sont régulièrement effectués chez Belgoprocess. Mais la mise en oeuvre du plan nécessite du temps. "Si la critique est à présent que cela ne va pas assez vite, nous devrons examiner cela en concertation avec l'AFCN", conclut-il.