Certificat médical sans examen pour 5 euros

Un médecin reconnu à Bruxelles délivre des certificats médicaux aux personnes qui le lui demandent, sans aucun examen des patients, moyennant une somme de 5 euros. C’est ce qu’ont constaté nos collègues de la RTBF, qui ont effectué un reportage avec un micro caché. La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx, parle d’une faute professionnelle extrêmement grave.

La journaliste du service public francophone de radio et télévision (RTBF) qui a effectué le reportage (écoutez la vidéo attachée ci-dessous) avait appris qu’un médecin reconnu, qui serait très connu dans les milieux scolaires bruxellois, délivre très facilement des certificats médicaux, sans examiner les patients qui viennent le trouver, moyennant une somme de 5 euros.

Elle a voulu tester la rumeur et s’est rendue chez le médecin avec un micro caché. Affirmant avoir des problèmes au bureau avec son chef direct, elle a demandé au praticien de lui prescrire trois jours de congé, sans même prétendre être malade. Le docteur en question ne l’a pas examinée, lui a rédigé un certificat médical, ne lui a pas remis de reçu d’honoraires et s’est limité à encaisser 5 euros.

Le médecin en question possède un numéro INAMI (Institut national d’assurance maladie-invalidité), mais l’Institut n’a pas encore réagi au reportage de la RTBF.

La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx, s’est par contre déclaré scandalisée par le contenu du reportage. Elle considère que le médecin a commis une faute extrêmement grave. Elle a affirmé qu’elle prendrait l’affaire très au sérieux et qu’une plainte contre X serait d’office déposée au pénal si l’identité du médecin faussaire est inconnue. La ministre compte également saisir le conseil de l’Ordre et le conseil provincial pour voir s’il serait possible d’améliorer la législation et d’intensifier les contrôles.

Laurette Onkelinx regrette d’autre part que ce scandale donne une mauvaise image de la profession médicale, tout en soulignant qu’il s’agit dans ce cas précis de faux en écriture et de fraude sociale. Le médecin s’expose donc à de lourdes peines.

Le Docteur Lemye, vice-président de l’Absym (l’association belge des syndicats médicaux), a expliqué à la RTBF qu’il s’agissait « d’un cas fondamentalement non éthique, mais qui reste exceptionnel ». Le médecin faussaire s’expose à une sanction disciplinaire de l’Ordre des médecins, pouvant aller jusqu’à la suspension du droit d’exercer pendant 2 ans et la radiation du tableau de l’Ordre.