Des miliciens engagés pour forcer un blocage d’usine

La police a évacué dimanche soir une vingtaine d’hommes qui avaient été engagés par la direction de l’entreprise de pièces détachées pour voitures Meister Benelux, installée à Sprimont (province de Liège), pour récupérer de force le matériel bloqué par le personnel. Selon ces derniers, les miliciens auraient fait des dégâts dans l’usine lors de leur passage.

La direction du producteur allemand de pièces détachées pour voitures Meister Benelux avait chargé ce dimanche une vingtaine d’agents de sécurité venus d’Allemagne de récupérer sur le site de Sprimont (province de Liège) trois camions remplis de matériel terminé. Selon les syndicats, certains de ces hommes étaient équipés de matraques, de battes de baseball et de gaz lacrymogène et auraient eu un comportement violent.

Ils auraient également effectué des dégâts aux distributeurs de boissons lors de leur passage et auraient fouillé tous les casiers du personnel. « Les miliciens ont été emmenés en combi par la police et été déposés à un endroit inconnu des syndicats », précisait dimanche soir le délégué syndical René Petit. « Mais tout le matériel est donc resté à l’usine ».

Trois membres du personnel de l’usine de Sprimont ont introduit une plainte pour coups et blessures.

Une centaine de membres du personnel et des délégués syndicaux s’étaient postés devant l’usine, déterminés à ne laisser sortir aucun convoi. « Normalement nous ne bloquons les portes de l’usine que pendant la journée, mais il n’est pas exclu que nous passions maintenant aussi la nuit sur place », précisait Petit.

Ce lundi, une concertation était prévue entre direction et syndicats de l’entreprise allemande, mais la direction n'y est pas venue.

Mercredi, la direction de Meister Benelux avait annoncé une réduction du personnel parce que l’usine n’avait pas obtenu deux commandes importantes. A la suite de cette annonce, des membres de la direction avaient été brièvement pris en otage par des représentants des syndicats.