Plus de vente libre d’armes à feu en Belgique

Le conseil des ministres a approuvé un Plan national de sécurité, comprenant les priorités pour les quatre années à venir en matière de lutte contre la criminalité. Ce plan prévoit notamment de soumettre également à une autorisation préalable la vente d’armes historiques, folkloriques et décoratives. Ceci doit mettre fin aux dernières possibilités d’acquérir librement des armes à feu sur le marché belge.

Le plan national de sécurité peut être considéré comme un fil conducteur pour la police, indiquait ce jeudi la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD). « Sur base des priorités retenues, la police peut orienter ses hommes ».

Le plan contient les lignes de force pour les quatre années à venir dans le domaine de la lutte contre la criminalité, et notamment dans la lutte contre les armes illégales. A la suite de la fusillade commise à Liège, le 13 décembre dernier, par un individu isolé qui s’est ensuite donné la mort et qui possédait des armes illégales, la police est chargée de traquer plus activement les armes à feu lourdes et leur trafic illégal.

« Dorénavant, il n’y aura plus d’armes à feu en vente libre en Belgique », affirmait ce jeudi la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH, photo), à l’issue du conseil des ministres. Actuellement, quelque 300 types d’armes à feu, dont plusieurs modèles d’armes de poing, peuvent encore être achetés librement dans le pays. Il s’agit pour la plupart d’armes historiques, folkloriques ou décoratives pour lesquelles la production de munition a cessé de longue date.

"On s'est toutefois rendu compte qu'après plusieurs années, la production de ces munitions était parfois relancée, permettant à ces armes, qui ne coûtent pas cher, de tuer", a justifié la ministre Milquet. Comme c'est déjà le cas pour les armes à feu conventionnelles, l'acquisition d'armes historiques ou décoratives sera donc dorénavant soumise à autorisation préalable.

Les citoyens qui disposent déjà de ce type d'armes auront trois mois après la publication de l'Arrêté royal pour se mettre en règle, et faire enregistrer leurs armes. Les collectionneurs d'armes qui disposent déjà d'un permis d'armes devront, eux, faire inscrire les armes historiques en leur possession.

Le Plan national de sécurité prévoit également la lutte contre la fraude, la criminalité sur l’internet et le terrorisme.