Un imam tué dans l’attaque d’une mosquée

L’imam de la mosquée Rida, lieu de culte chiite situé à Anderlecht, est décédé à la suite de l’incendie du bâtiment. Hier soir vers 18h45, l'établissement a été attaquée par un individu qui a bouté le feu au bâtiment. Le suspect a été arrêté.

L’attaque a été perpétrée contre la mosquée située rue Docteur De Meersman peu avant 19 heures. Une dizaine de personnes étaient présentes au moment des faits.

Un homme isolé serait à l’origine de l’attaque. Il aurait bouté le feu à la mosquée après avoir répandu de l'essence à plusieurs endroits.

Les personnes présentes ont quitté les lieux alors que les pompiers arrivaient sur place. Ces derniers ont maîtrisé l’incendie et ont sorti au moins deux personnes de l’établissement.

Ils ont toutefois découvert le corps sans vie du cheikh de la mosquée. Ce dernier, âgé de 46 ans, est décédé sur place, intoxiqué par la fumée. Aidé par une autre personne, il aurait tenté d'éteindre le feu, et ne serait ensuite plus parvenu à s'extraire du bâtiment.

Deux autres personnes ont été blessées. L'une d'elle a été intoxiquée par la fumée alors que l'autre a été victime de coups de couteau.

Le suspect interpellé

Peu après l’attaque, la police locale de la zone de Bruxelles Midi a interpellé un suspect. Celui-ci avait été enfermé dans l'établissement par des témoins.

On ne connait actuellement ni l’identité de l'individu ni le motif de son acte. L’individu est originaire d’Afrique du Nord et se dit musulman. Selon le parquet de Bruxelles, il sème toutefois volontairement la confusion à propos de son identité. Il aurait ainsi décliné trois identités différentes à la police.

Selon les détails livrés par le parquet lors d'une conférence de presse, l'agresseur était seul, et portait un sac à dos dans lequel se trouvaient un jerrycan d'essence, un couteau et une hache.

L'acte d'un salafiste radical?

D'après plusieurs personnes présentes lors des faits, l'homme serait un sunnite radical. Selon certains témoins, il aurait en effet lancé des slogans anti-chiites au moment de son acte.

La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, s’est déclarée très choquée par les faits qui se sont produits. Elle a condamné l’attaque avec fermeté et indignation. La ministre pense qu'il pourrait en effet s'agir d'un acte anti-chiite, liés notamment aux tensions actuelles au Moyen-Orient.

Dans la soirée, une cinquantaine de personnes se sont réunies dans le calme devant la mosquée. Le parquet de Bruxelles est descendu sur les lieux.

Notons que la mosquée Rida avait déjà par le passé fait l’objet de menaces lancées par des groupuscules islamistes.

Pas de mesure spéciale de sécurité

Aucune mesure spécifique au niveau national ne sera prise après l'attaque perpétrée contre la mosquée Rida à Anderlecht. Le Centre de crise de l'Intérieur a pris cette décision lors d'une réunion mardi midi.

La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, et le Centre de crise de l'Intérieur ont tenu mardi midi une réunion relative à l'attaque contre la mosquée Rida. La police locale de Bruxelles, le parquet de Bruxelles, la police fédérale et l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) ont participé à cette réunion.

Le parquet de Bruxelles mène actuellement une enquête judiciaire sur l'attaque. "En tenant compte de l'état actuel de l'enquête, les différents services de sécurité ont échangé des informations et estimé qu'il n'était pas nécessaire de prendre des mesures au niveau national", a expliqué Peter Mertens, le porte-parole du Centre de crise.

Le bourgmestre d'Anderlecht a déjà pris des mesures préventives lundi soir. La zone de police Bruxelles-Midi a ainsi élevé son niveau de vigilance. Des agents patrouillent aussi de manière intensive à proximité des mosquées d'Anderlecht.