"Le chauffeur n’a pas manipulé le DVD"

Selon le procureur du Valais central, Olivier Elsig, des enfants qui se trouvaient à bord du car belge qui s’est écrasé mardi soir contre la paroi d’un tunnel à Sierre, et qui ont survécu au drame, ont vu s’enclencher un DVD sur les écrans de télévision peu avant l’accident. Les enquêteurs ne peuvent cependant pas encore en tirer de conclusion, mais affirment que le chauffeur du car n’a pas manipulé ce DVD.

Depuis une semaine, une question revient sans cesse dans les médias et tous les esprits : qu’est-ce qui a pu causer l’accident dramatique du car belge dans un tunnel à Sierre, dans le Valais suisse, mardi dernier peu après 21h ? Les deux chauffeurs du car étaient expérimentés, ils avaient suffisamment dormi avant de prendre la route, leur car était apparemment en règle et il semble qu’il ne roulait pas trop vite juste avant l’impact.

Plusieurs médias ont évoqué ces derniers jours l’hypothèse d’un DVD qui aurait été enclenché dans le bus juste avant l’accident. Le procureur du Valais central, Olivier Elsig, a confirmé à l’agence suisse de presse ATS que les enfants présents dans le car ont effectivement vu s’enclencher un DVD peu avant l’impact contre la paroi du tunnel. Le quotidien flamand Het Laatste Nieuws a écrit qu’un accompagnateur aurait apporté un DVD à l’avant du car peu avant l’accident.

D’autres médias ont spéculé que le chauffeur aurait pu être distrait au moment où il enclenchait le DVD en question. Mais les autorités suisses ont formellement démenti que le chauffeur ait lui-même manipulé le DVD. Olivier Elsig ne dispose pas non plus de témoignage attestant la présence d’une tierce personne à l’avant du car qui aurait pu distraire le chauffeur.

La société Toptours, à laquelle appartenait le car accidenté, a souligné que c’est normalement le second chauffeur qui ne conduit pas qui enclenche un DVD. Les enquêteurs n’ont cependant pas obtenu d’indices des caméras de sécurité placées dans le tunnel, ni des schémas des places occupées par les occupants décédés qui permettent de leur donner des informations sur les causes de l’accident.

Pour tenter de lever les zones d’ombre, les enquêteurs suisses se rendront vraisemblablement dans une semaine en Belgique pour s’entretenir une nouvelle fois avec les enfants, notamment. « Ces rencontres se feront avec l’accord préalable des familles et seulement si l’état psychologique des témoins le permet », a souligné le procureur valaisan Elsig.

Enquête fouillée

Pour l'instant, les analyses portent essentiellement sur toutes les traces de pneus qui ont été relevées dans le tunnel de Sierre. Ces indices montrent que le car a effectivement touché la paroi de droite, puis a légèrement dévié vers la gauche, avant de s'encastrer dans le mur de la niche à droite. Des géomètres sont à l'oeuvre pour décrire avec précision la trajectoire du car et déterminer la vitesse à laquelle il roulait, a précisé Olivier Elsig.

Des spécialistes recrutés en Suisse ont été mandatés pour réaliser l’expertise du car, mais les travaux n'ont pas encore commencé. Des experts belges du constructeur d'autocars Van Hool pourraient se rendre dans le Valais.

Vu le caractère exceptionnel de l’accident, le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) va procéder à des analyses complémentaires sur les prélèvements pratiqués sur le corps du chauffeur au volant, indiquait encore le procureur du Valais central.