Brussels Airlines veut bénéficier d'un régime de faveur

Le comité ministériel restreint du gouvernement Di Rupo s'est penché mardi sur la situation pénible que connaît Brussels Airlines. Etienne Davignon, le président du conseil d'administration de la compagnie aérienne, s'est adressé au gouvernement et a indiqué que la situation devenait petit à petit "intenable".

La demande de la compagnie aérienne Brussels Airlines de bénéficier de conditions fiscales plus avantageuses pour son personnel de cabinet s'inscrit dans le cadre du débat en cours sur la position concurrentielle des entreprises belges, a affirmé mercredi le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Steven Vanackere (CD&V).

Interrogé par la VRT-radio, il n'a pas exclu que le gouvernement adopte des mesures en faveur du secteur aérien. Le président du conseil d'administration de Brussels Airlines, le vicomte Etienne Davignon, a demandé au gouvernement de faire en sorte que les règles soient les mêmes pour toutes les entreprises du secteur.
 

La compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair, un concurrent important pour Brussels Airlines, soumet son personnel, même opérant depuis l'aéroport de Charleroi-Gosselies, à la législation sociale irlandaise, ce qui lui permet de bénéficier de conditions fiscales plus favorables et donc de concurrencer directement les compagnies belges.
"Il y a déjà eu dans le passé des exceptions liées à certains secteurs", a souligné mercredi M. Vanackere. "Mais je situe (cette demande) dans le débat sur le renforcement de la position concurrentielle de nos entreprises que nous devons maintenant mener", a-t-il ajouté.

Sans vouloir fixer d'échéance précise, le vice-Premier ministre social-chrétien flamand a souligné que ces mesures devraient idéalement être prises avant les vacances d'été.
Il a aussi insisté sur la concertation avec les partenaires sociaux, "car les mesures que nous prendrons devront être suffisamment soutenues".

Syndicat : "Ne pas essorer le personnel jusqu'au dernier centime"

"Il faut faire quelque chose pour Brussels Airlines, mais il ne faut pas essorer le personnel jusqu'au dernier centime, déclare Marijke Persoone, du syndicat chrétien LBC (CNE).

Le syndicat souhaite commencer une concertation avec les partenaires sociaux sur l'aéronautique en Belgique via un groupe intercabinet.

"Le personnel travaille très dur, rogner encore sur les temps de repos est mortel", souligne Mme Persoone. "Mais nous aiderons à chercher des façons d'augmenter l'efficacité." Elle pointe aussi les pratiques des compagnies low-cost. Ryanair, qui se revendique du droit irlandais, s'établit selon elle dans des régions avec beaucoup de chômage pour ensuite faire du chantage aux autorités. "C'est mortifère pour les autres compagnies", commente-t-elle.