Asile : une liste comprenant 7 pays sûrs

Six pays des Balkans ainsi que l’Inde ont été placés ce vendredi par le Conseil des ministres sur une liste de pays considérés comme sûrs pour le renvoi de demandeurs d’asile déboutés. Selon la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block, cette liste devrait permettre de traiter plus rapidement quelque 20% des demandes.

Les demandeurs d’asile provenant d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de Macédoine, du Kosovo, de Serbie, du Monténégro et de l’Inde seront dorénavant traités en première instance par le Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA), et ce en 15 jours, indiquait ce vendredi un communiqué du gouvernement fédéral. Le Conseil des ministres venait en effet de placer ces 7 pays sur une liste de pays considérés comme sûrs pour le renvoi de demandeurs d’asile déboutés.

Un pays est considéré comme sûr si on peut démontrer que, d’une manière générale et durable, il ne recourt pas à la persécution au sens de la Convention de Genève, et qu’il n’y a pas de risque réel d’atteinte grave lors du retour de réfugiés dans le pays d’origine.

Le principe de pays d’origine sûr avait été introduit dans la loi le 19 janvier dernier. La liste devra être évaluée chaque année et pourra être adaptée, en fonction du résultat de l’évaluation.

Environ 20% des demandes d’asile en Belgique émanaient l’an dernier de ressortissants de pays du Balkan et de l’Inde. Ces derniers n’auront dorénavant presque plus aucune chance d’obtenir une réponse positive à leur demande d’asile.

« Cette liste doit avoir une fonction de dissuasion et faire baisser le nombre de demandes d’asile », expliquait la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD, photo). Les demandes émanant de ressortissants de ces 7 pays seront traitées endéans 15 jours ouvrables. La procédure en appel devra également aller plus vite.

La liste doit aussi permettre de filtrer plus rapidement les réfugiés économiques. « La Belgique dispose pour la première fois d’une telle liste. Elle doit permettre notamment de lutter contre l’utilisation frauduleuse de la procédure d’asile, par exemple par les migrants économiques ».

Maggie De Block souligne aussi qu’un traitement accéléré de 20% des dossiers permettra de libérer plus rapidement des places dans les centres d’accueil. La confection de la liste répond à une directive européenne de 2005 sur les procédures d’asile. La Belgique n’est pas le premier pays à établir une liste de pays jugés sûrs. Le Royaume-Uni, le Luxembourg, l’Autriche, la France, l’Allemagne et l’Irlande l’ont fait avant elle.

"Liste contre-productive"

Le parti d’opposition Groen a dénoncé ce vendredi la mesure, estimant que la décision est « à la fois contre-productive et incohérente ». Et d’ajouter que « si on se fie aux exemples étrangers, l’objectif affiché par le gouvernement ne sera pas rencontré : la France, notamment, a vu une augmentation du nombre de demandeurs d’asile issus des pays dits sûrs ».

Les Verts flamands se demandent sur quelle base la liste a été établie. Et ils s’étonnent d’une absence de cohérence en matière de listes de pays dits sûrs au niveau européen, « puisqu’elles différent d’un Etat à l’autre ».

Pour Groen, « le seul moyen de résorber le retard dans le traitement des dossiers est d’augmenter le nombre de personnes qui doivent étudier ces demandes d’asile ».