"Un voyage au Congo axé sur le dialogue constructif"

Le ministre belge des Affaires Etrangères Didier Reynders (photo principale) entame ce lundi une visite controversée de 48 heures en RDC, "pour mieux s’informer de la situation politique". Il veut aussi y rencontrer l’opposition et affirme se rendre au Congo "avant tout pour la population".

Le chef de la diplomatie belge Didier Reynders est l’un des premiers responsables occidentaux à se rendre à Kinshasa depuis les scrutins présidentiel et législatif contestés du 28 novembre dernier, qui ont vu la réélection du président Joseph Kabila, avec une majorité parlementaire confortée.

Le ministre Reynders déclare se rendre en République démocratique du Congo « pour mieux s’informer de la situation politique », soulignant qu’il rencontrera de nombreux interlocuteurs, tant congolais - de la majorité présidentielle et de l’opposition, mais aussi des membres de la société civile - qu’internationaux. Une entrevue avec le président Kabila (photo) serait prévue pour mercredi.

Selon Didier Reynders, la visite a pour but d’assurer la poursuite du dialogue « ouvert et constructif » entre Bruxelles et Kinshasa et de souligner « l’engagement » de la Belgique envers la RDC, son ancienne colonie, y compris pour plaider sa cause dans les enceintes internationales. Le Congo reste en effet le partenaire le plus important de la coopération belge. Le ministre des Affaires Etrangères souhaite « voir et entendre » pendant son voyage quels sont les besoins de la population congolaise.

« C’est un voyage logique », déclarait Didier Reynders ce lundi matin sur les ondes de la première chaîne radio de la VRT. « Nous nous rendons en RDC en premier lieu pour la population. Congo est le principal partenaire pour la coopération belge au développement. Il s’agit de 120 millions d’euros par an, pour une population qui est très touchée ».

Il n’est pas encore clair si l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi (photo) acceptera de rencontrer Didier Reynders. Le parti congolais d’opposition a en effet déclaré ce dimanche désapprouver la visite du ministre belge.

"Dans le contexte d'un hold-up électoral avéré, qui plonge la République Démocratique du Congo dans une crise institutionnelle aiguë, ce voyage est une implication déguisée de la Belgique dans la politique congolaise par un cautionnement inadmissible et le soutien du fait accompli concocté par le pouvoir sortant que tous les vrais démocrates doivent dénoncer avec la plus grande énergie", a indiqué l'UDPS dans un communiqué adressé à l'agence de presse Belga.

Didier Reynders devrait aussi rencontrer des groupes d’organisations non-gouvernementales congolaises, qui sont très souvent critiques sur les dérives autoritaires du régime. Le ministre se rendra en outre sur le site de la future ambassade de Belgique à Kinshasa. Vendredi, le gouvernement belge a en effet donné son accord à l’achat de terrains pour construire une nouvelle chancellerie.

Critiques en Belgique

Le ministre des Affaires Etrangères a aussi déclaré ne pas accepter les critiques formulées par certains partis de la majorité au gouvernement flamand - et notamment la N-VA - sur son voyage au Congo.

« Pourquoi critiquer le Congo, alors que le ministre-président flamand Kris Peeters est allé en Libye et en Birmanie, où il n’y a pas eu d’élections ou des militaires sont au pouvoir ? », s’interrogeait Didier Reynders sur les ondes de la VRT, tout en réclamant « un peu de cohérence ». Et de souligner que « l’objectif du voyage au Congo n’est pas de montrer un soutien à Kabila ».