Les œufs se font rares à la veille de Pâques

Suite à l’entrée en vigueur de l’interdiction européenne des cages de batterie pour les poules pondeuses, la plupart des pays de l’Union manquent d’œufs et voient leur prix augmenter. En Flandre, le secteur s’est mis d’accord pour éviter actuellement d’exporter la production.

Depuis le 1er janvier 2012, la Commission européenne interdit des cages de batterie pour les poules pondeuses. La directive européenne stipule en outre que chaque poule pondeuse de l’Union européenne doit disposer d’une cage d’une superficie d’au moins 750 centimètres carrés. Mais tout comme les Pays-Bas, la France et l’Italie, la Belgique n’est pas encore prête pour cette modification. Nombre de producteurs ont également abandonné le secteur, ne voulant pas prendre en charge les dépenses supplémentaires.

L’European Egg Processors Association, l’association européenne de l’industrie qui utilise des œufs, évalue que la directive a pour conséquence une production réduite d’environ 200 millions d’œufs par semaine au niveau de l’Union. A l’heure actuelle, c’est surtout l’industrie alimentaire qui ressent la baisse de production. « Nous parlons d’une pénurie d’environ 20% de nos besoins en œufs, soit entre 1 et 2 millions d’œufs par jour pour le marché belge », explique Chris Moris de la FEVIA, la Fédération de l’industrie alimentaire.

Le consommateur ne sent pas encore la pénurie d’œufs frais. Les supermarchés sont en effet encore suffisamment approvisionnés. Mais les entreprises qui retravaillent les œufs - comme les biscuiteries, les pâtisseries et producteurs de pâtes alimentaires - ont par contre déjà un problème d’approvisionnement.

La Commission européenne a confirmé que les prix des œufs ont augmenté en Europe à la suite de l’entrée en vigueur de l’interdiction des cages trop petites et mal aménagées. Les fermiers reçoivent actuellement près du double du prix pour leurs œufs qu’il y a un an. En Flandre, quelque 60% des œufs sont destinés aux entreprises qui les retravaillent et 40% à la consommation directe.

"Rendre l’exportation plus difficile"

Il y a deux semaines, des représentants des éleveurs des poules pondeuses rencontraient le ministre-président flamand Kris Peeters (photo) pour discuter du problème de l’approvisionnement. Il a alors été décidé de donner un approvisionnement maximal aux entreprises qui achètent des œufs pour leur production alimentaire.

Les acteurs rassemblés ont aussi décidé d’éviter actuellement d’exporter des œufs belges vers l’étranger, où les prix offerts flambent.

Fin de la semaine dernière, le problème a également été placé à l’agenda de la Commission européenne par le département flamand à l’Agriculture. La Commission a promis de suivre l’évolution du problème et de voir si une exportation des œufs en-dehors de l’Union ne pourrait être rendue provisoirement plus difficile, afin de ne pas mettre en péril l’approvisionnement européen.