Wim Delvoye expose au Louvre

Le célèbre musée parisien invite l’artiste plasticien belge de 47 ans (photo principale) à intervenir dans plusieurs de ses salles et lieux, du 31 mai au 17 septembre. Delvoye y présentera notamment dans la pyramide de verre une immense flèche gothique en acier baptisée "Suppo", mais aussi des productions récentes en vitrail, porcelaine ou bronze.

Sur son site internet, le Musée du Louvre indique que les œuvres de Wim Delvoye qu’il présentera du 31 mai au 17 septembre prochains seront disséminées sous la pyramide, dans le jardin des Tuileries, au sein des appartements Napoléon III et dans les salles gothiques du département des Objets d’art.

Selon le quotidien flamand De Standaard, l’artiste qui réside et travaille à Gand (Flandre orientale) serait actuellement encore en train de négocier avec le Louvre les détails de sa collaboration. Son œuvre « Mercurius Rorschach », une version déformée d’une œuvre de l’artiste flamand Giambologna, devrait être la pièce majeure de l’exposition.

Le Louvre précise que Delvoye est, après Tony Cragg, le deuxième artiste à concevoir une nouvelle sculpture monumentale pour la colonne du belvédère. Une immense flèche gothique en acier Corten torsadée, de 13 mètres de haut et baptisée « Suppo », sera ainsi exposée jusqu’au 3 décembre 2012. Parallèlement, une imposante œuvre en acier Corten dentelé sera présentée dans le jardin des Tuileries, s’inscrivant à l’automne dans un parcours de sculptures.

Plusieurs propositions de Delvoye, comme celle de placer une tour sur la pyramide de verre du Louvre, auraient été refusées par le musée parisien, pour des « raisons pratiques ». Dans les collections des Objets d’art, une quinzaine de productions récentes de l’artiste belge, en vitrail, en porcelaine ou en bronze seront à voir. Elles témoignent de ses recherches actuelles sur la sculpture du 19e siècle et de l’exploration des techniques informatiques de reproduction.

L’artiste flamand s’est avant tout fait connaître par son installation « Cloaca », présentée pour la première fois en 2000 au musée Mukha d’Anvers, aussi baptisée « machine à caca » (photo). Elle reproduit le processus de digestion. On doit aussi à Delvoye des porcs tatoués, qui ont créé la controverse.

Selon la commissaire de l’exposition au Louvre, « l’art populaire et décoratif de Wim Delvoye », allant de la relecture triviale du gothique jusqu’aux déformations baroques du crucifix, « qui plonge ses racines dans un détournement ironique des styles du passé, trouve dans le musée du Louvre un écho particulièrement sonore ». Delvoye était déjà à l’honneur en 2009 à la Collection Peggy Guggenheim à Venise, en 2010 au musée Rodin de Paris et en 2011 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.