Lier le revenu d’intégration à la scolarisation ?

Le président du Centre public d’aide sociale (CPAS) de Gand, Geert Versnick (Open VLD), demande à la Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et la Lutte contre la pauvreté, Maggie De Block (Open VLD), d’adapter la législation pour obliger les parents défavorisés à envoyer leurs jeunes enfants à l’école maternelle. Le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A), critique ce projet.

Le Centre public d’aide sociale de Gand (Flandre orientale) envisage de priver les parents qui n’envoient pas leurs enfants au jardin d’enfants de leur revenu d’intégration (aide sociale financière). L’an dernier, le CPAS d’Anvers avait déjà eu la même intention. Le tribunal avait cependant condamné ce projet, étant donné qu’il ne reposait pas sur une base légale.

C’est la raison pour laquelle le président du CPAS de Gand, Geert Versnick (photo), vient de demander à sa collègue de parti, la Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et la Lutte contre la pauvreté, Maggie De Block, de faire modifier la loi. Cette dernière a chargé son service juridique d’examiner la faisabilité de la proposition.

Versnick estime que la mesure devrait permettre de faire sortir les enfants de la pauvreté et leur donner davantage de chances de développement social. La plupart d’entre eux ont des parents dont le néerlandais n’est pas la langue maternelle et qui vivent dans l’indigence. « Plus d’un quart des élèves dans les grandes villes ont un retard d’apprentissage quand ils atteignent la 5e année primaire. Mais ce serait une aide énorme si l’on pouvait aussi sanctionner les gens qui sont têtus », affirme Versnick.

« Après tout, le revenu d’intégration est une faveur de la société. On est en droit de demander quelque chose en échange de son octroi. Il devrait être possible de fixer légalement des conditions d’octroi de cette aide sociale. C’est dans l’intérêt de l’enfant », argumente Geert Versnick.

"On envoie ainsi les enfants à la rue"

Le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A, photo), condamne la proposition du président du CPAS gantois. « Le revenu d’intégration est déjà très restreint. Si l’on enlève cela aux parents, de quoi vivront les enfants, que mangeront-ils ? On les envoie ainsi à la rue et on les punit une seconde fois ».

Dans l’interview qu’il accordait ce mardi matin à l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, le ministre de l’Enseignement doute qu’il soit possible juridiquement de lier l’octroi du revenu d’intégration à la scolarisation des enfants des bénéficiaires. « Selon moi, c’est en contradiction avec la législation et le Traité des droits de l’enfant. En Belgique, l’apprentissage est obligatoire mais pas la scolarisation ». L’école maternelle est facultative.

« La Flandre est d’ailleurs parmi les meilleurs élèves en Europe : 97,5% des enfants y vont au jardin d’enfants. Nous devons continuer à accompagner et encourager la petite minorité qui ne va pas à l’école maternelle, çà je suis d’accord. Mais ce n’est pas une solution que d’enlever le revenu d’intégration aux parents », concluait Pascal Smet.