"Discrimination intolérable" dans le secteur des titres-services

Réagissant à un reportage diffusé dans l’émission « Koppen » de la première chaîne télévisée de la VRT, la ministre de l’Emploi, Monica De Coninck (photo principale), a qualifié d’intolérables des discriminations couramment pratiquées dans les sociétés de titres-services, à l’égard d’allochtones notamment. Ces sociétés enfreignent à la loi de non-discrimination imposée au secteur.

La ministre socialiste de l’Emploi souligne que la règlementation prévoit déjà, explicitement, une interdiction stricte pour les entreprises de titres-services d’opérer une discrimination, qu’elle soit directe ou indirecte, tant à l’égard des travailleurs que des clients. Des contrôles sont d’ailleurs opérés sur le terrain par l’Inspection des lois sociales sur base d’un accord de collaboration avec le Centre pour l’Egalité des chances.

Monica De Coninck (SP.A) se dit toutefois consciente d’un besoin de plus grande professionnalisation du secteur. Un accroissement et un renforcement du contrôle des entreprises de ce secteur a été approuvé lors du conclave budgétaire, notamment via la mise en place d’une caution pour les entreprises, l’élargissement des raisons pouvant mener au retrait de l’agrégation, mais aussi la possibilité pour le gouvernement de moduler son intervention dans les titres-services en fonction de la qualité des emplois, notamment.

La ministre de l’Emploi affirme qu’il faut veiller à ce que les contrôles soient plus fréquents et davantage suivis d’effets.

De nombreux cas de racisme

Le reportage pour « Koppen » avait démontré que diverses petites entreprises qui travaillent avec des titres-services violent la loi contre le racisme. Les entreprises présenteraient ainsi à leurs clients des formulaires à remplir, dans lesquels elles leur demande par exemple explicitement s’ils acceptent des femmes de ménage d’origine étrangère ou préfèrent des Belges.

« La discrimination est offerte aux clients sur un plateau d’argent dans ces cas », estimait Jozef De Witte, directeur du Centre pour l’Egalité des chances et la Lutte contre le racisme, interrogé dans le reportage. « C’est clairement en contradiction avec la loi contre le racisme ».

Quelque 150.000 femmes de ménage travaillent de façon officielle en Belgique. Un quart d’entre elles n’ont pas la nationalité belge.