Ouverture d’un procès pour terrorisme à Malines

Hassan H., un Anversois de 30 ans qui était tenu à l’œil par la police depuis 2009, est soupçonné d’avoir planifié des attentats en Belgique. Il voulait aussi aller se battre en Tchétchénie. Treize autres personnes sont soupçonnées de faits de terrorisme et jugées à Malines.

C’est en 2009 que la police commença à suivre la trace de Hassan H., un Anversois d’une trentaine d’années, à la suite d’une information provenant des services de renseignements étrangers. Ces derniers avaient intercepté des sessions de « chat » sur un site internet extrémiste qui a des liens avec le mouvement Al-Qaeda.

L’un des interlocuteurs était Hassan H. Ce dernier déclarait notamment vouloir tuer des Juifs et commettre un attentat en Belgique, à un endroit où se rassemblent beaucoup de gens. Comme un festival, ou un train transportant des soldats. Ses interlocuteurs l’encourageaient à mener ses projets à bien, afin de tuer davantage de personnes que lors des attentats de Madrid en 2004.

Les enquêteurs décidèrent de ne pas intervenir immédiatement et de suivre quelques temps Hassan H. via les sessions de chat, pour voir comment lui et ses interlocuteurs se comporteraient et s’ils allaient affectivement tenter de passer à l’action. Le suspect était connu comme un homme assez étrange, qui aurait eu des problèmes mentaux.

Les choses devinrent plus sérieuses lorsque les enquêteurs constatèrent que H. avait des contacts avec un leader de l’islamisme radical, un homme originaire d’Arabie Saoudite qui proposait de lui livrer des armes. L’homme fut cependant arrêté et Hassan H. perdit ainsi son soutien financier.

L’Anversois rejoignit alors un groupe d’extrémistes musulmans d’Anvers qui projetaient d’aller combattre en Tchétchénie. Parmi ceux-ci, il y avait trois membres du mouvement Sharia4Belgium. La figure-clef du groupe aurait été un Tchétchène anversois. La justice intervint alors, avant que les suspects aient pu mettre leurs projets à exécution.

En novembre 2010, la police mena des perquisitions. Dix-huit mois plus tard, les 14 suspects doivent comparaître à Malines et répondre d’accusations d’appartenance à une organisation terroriste. La plupart des suspects ont été libérés pendant l’enquête. Hassan H. et son frère séjournent par contre en prison.

Il appartiendra maintenant au parquet fédéral de tenter de prouver - sur base de conversations téléphoniques mises sous écoute et d’autre matériel - que les 14 hommes avaient effectivement l’intention d’aller se battre en Tchétchénie pour participer à la guerre sainte. Si ces faits peuvent être prouvés, les suspects pourront être accusés de terrorisme. Ils pourraient alors écoper de 5 ans de prison, voire de 10 ans pour le chef du groupe.

Le parquet devra aussi tenter de démontrer que Hassan H. préparait effectivement un attentat en Belgique. Légalement, ils doivent pouvoir démontrer un début d’exécution, c’est-à-dire des démarches actives de préparation.

 

D’après un article de Philip Heymans