"Les campagnes de régularisation sont une erreur"

Aux yeux du directeur du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, Jozef De Witte, les campagnes de régularisation menées lors des précédentes années étaient clairement "une erreur". Selon lui, de telles campagnes mènent les personnes en situation irrégulière à se lancer dans des actions telles que des grèves de la faim.

"Les campagnes de régularisation des précédentes années étaient clairement une erreur", estime samedi Jozef De Witte, le directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, dans le quotidien De Standaard.

"Si les gens savent qu'ils reçoivent des papiers lorsqu'ils tiennent le coup assez longtemps, ils essayent de gagner du temps de toutes les manières possibles. C'est ce qui a pour conséquence ultime l'apparition de grèves de la faim", a-t-il déclaré.
 

Jozef De Witte (photo) qualifie ces grèves de la faim de forme de chantage. "Je comprends que les gens sont désespérés, mais on ne peut tout de même pas extorquer des droits via une grève de la faim", a-t-il ajouté à la rédaction de la VRT. "Les droits sont les droits, et quand on obtient pas le droit de séjourner en Belgique, alors il faut partir".

"On récolte aujourd'hui ce que l'on a semé", ajoute-t-il encore. "C'est mieux de régulariser tout de suite lorsque les raisons humanitaires le justifient, plutôt que d'attendre une campagne. Organiser de temps à autres des campagne perpétue à créer de l’espoir", indique encore le directeur du Centre.

Le directeur se pose par ailleurs des questions sur le renforcement de la loi sur le regroupement familial. "Chaque personne a le droit à la vie de famille, pas seulement ceux qui sont riches."

Grève de la faim à la VUB

Actuellement, 23 hommes en situation irrégulière mènent une grève de la faim dans l’espoir d’obtenir un permis de séjour d’un an ainsi qu’un permis de travail. L’un d’entre eux a été jusqu’à se coudre la bouche.

Les grévistes de la faim se trouvent actuellement dans un local de la VUB, l’université flamande de Bruxelles. Ils ont récemment été examinés par un médecin et ne seraient pour l’instant pas en danger de mort. Les hommes boivent en effet encore du thé et de l’eau sucré.