Boonen intouchable à Paris-Roubaix

Tom Boonen a égalé le record des victoires de Roger De Vlaeminck. Le Campinois est passé à l'attaque à 55 kilomètres de l'arrivée pour précéder de près de deux minutes ses premiers poursuivants.

Tom Boonen a confirmé sa position de super favori et a ponctué un incroyable début de saison en s'offrant dimanche en solitaire la victoire dans la 110e édition de Paris-Roubaix cycliste. La "reine des classiques" longue de 257,5 km.

Après ses victoires en 2005, 2008 et 2009, le Campinois de l'équipe Omega Pharma-Quick Step a décroché un 4e succès dans l'Enfer du Nord. Il a effectué une formidable démonstration de force.

Parti seul à 55 km de l'arrivée, il s'est imposé sur le vélodrome de Roubaix avec 1:39 d'avance sur le Français Sébastien Turgot (Europcar) et l'Italien Alessandro Ballan (BMC).

Formidable démonstration de force

Plaçant une première attaque à 58 km de l'arrivée, Boonen n'a été suivi que par seul Italien Pozzato.

Deux kilomètres plus loin, il repartait en compagnie de son équipier le Néerlandais Niki Terpstra avant de se retrouver bien vite seul.

Face à une groupe de quatorze coureurs, dont quatre de l'équipe Sky, 'Tornado Tom' a creusé lentement l'écart: 40 secondes à 40 km et 1:15 à 20 km de Roubaix.

Tom Boonen, qui conforte sa place de N.1 mondial, a remporté cette saison 9 victoires dont des classiques comme le Grand Prix de l'E3 à Harebelke, Gand-Wevelgem, le Grand Prix de l'Escaut à Schoten et le Tour des Flandres, tout en se classant 2e du circuit Het Nieuwsblad.

Aucun coureur, même Eddy Merckx, n'a réalisé une telle moisson au cours d'une même saison. Boonen rejoint Roger De Vlaeminck "Monsieur Paris-Roubaix", premier homme à s'être imposé à quatre reprises à Roubaix en 1972, 1974, 1975 et 1977.

"Comme j’étais tout seul devant je me suis dit autant y aller"

"Je savais que j’étais en forme. J’avais une bonne semaine derrière moi. Malgré les nombreuses courses que j’avais disputées en Flandre ma préparation était parfaite. A un certain moment, je trouvais que la course ne démarrait pas devant et lorsque je suis arrivé sur un tronçon que je connaissais bien, je me suis mis devant et j’ai eu l’impression que Pozzato "était à bout". Nous étions quatre ou cinq coureurs devant ce qui était parfait. Mais il y a eu immédiatement des problèmes pour organiser la collaboration entre nous.

A un certain moment, il y a eu une hésitation entre les coureurs italiens et avec Terpstra nous avons pris dix à vingt mètres d’avance.

Nous sommes alors parti à deux (avec mon équipier Niki Terpstra). Mais il a lâché alors que nous devions encore prendre des secondes sur les autres, surtout au début.

Comme j’étais tout seul devant je me suis dit, autant y aller.
Je me suis vraiment battu kilomètre par kilomètre. J’ai dû lutter contre moi-même. Je ne pensais même pas à la victoire finale. J’essayais simplement de rouler le plus vite possible sur les pavés.
Si quelqu’un revenait cela aurait été très difficile pour moi car j’avais tout donné. Mais je suis parvenu à bien doser mes efforts.
En principe rouler 55 km en solitaire, c’est quelque chose que je ne dois jamais faire. Ce qu’on attend de moi c’est de gagner au sprint, c’est ce que je sais bien faire. Mais aujourd’hui je n’avais pas le choix, si je n’étais pas parti cela aurait été beaucoup plus difficile" a déclaré Tom Boonen à Sporza (VRT).