Bus, trams et métros de la STIB restent à l’arrêt

Les syndicats de la Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles ont présenté ce mardi matin à leur base les propositions avancées lundi soir par le gouvernement fédéral et par la Région bruxelloise pour améliorer la sécurité du réseau de la STIB, après l’agression mortelle d’un superviseur survenue samedi à l’aube. La réaction du personnel aux propositions est méfiante. Le syndicat socialiste veut poursuivre la grève, le syndicat chrétien affirme comprendre la méfiance de sa base. La direction de la STIB appelle à la reprise du travail ce mercredi.

Depuis 6h30 ce mardi matin, plus aucun transport en commun de la STIB ne roule à Bruxelles. Vers 5h30, quelques métros des lignes 1 et 5 étaient sortis des dépôts, mais ils ont été rappelés vers 6h00 environ. Les bus et trams de la STIB ne sont pas non plus sortis ce mardi.

Les bus de la société régionale flamande de transports en commun De Lijn roulent par contre normalement dans la capitale.

Les syndicats de la STIB ont rencontré leur base dès 9h00 ce mardi pour lui présenter les propositions avancées ce lundi en soirée par le gouvernement fédéral et la Région bruxelloise pour améliorer la sécurité sur le réseau de la STIB à la suite de l’agression fatale d’un superviseur samedi à l’aube après un banal accident de la route entre un bus et un véhicule privé.

Entretemps, l’absence de circulation des transports en commun bruxellois n’a pas provoqué d’embarras de la circulation supplémentaire dans la capitale, en cette période de vacances scolaires.

400 nouveaux agents pour Bruxelles

Ce lundi en fin d’après-midi, une réunion de concertation (photo) a eu lieu entre la direction et les syndicats de la STIB d’une part et la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet, le ministre-président bruxellois Charles Picqué, la ministre bruxelloise des Transports Brigitte Grouwels et un représentant de la ministre de la Justice Annemie Turtelboom d'autre part, à la suite de la violence attaque dont a été victime samedi matin un superviseur de la STIB.

Les représentants du gouvernement fédéral et ceux de la Région bruxelloise ont proposé l’affectation prochaine de 400 agents supplémentaires pour Bruxelles, répartis entre police fédérale et polices locales. Le recrutement devrait débuter en juin prochain. D’ici là, la réserve de la police fédérale sera doublée. A cela viendra s’ajouter le recrutement de 50 agents d’intervention supplémentaires pour les transports en commun bruxellois, afin d’améliorer la sécurité sur le réseau.

Les représentants des autorités fédérales et bruxelloises ont également proposé un renforcement des législations en matière de compétences pour les services de sécurité et d’amendes administratives. A cela s’ajoutent aussi des mesures techniques pour améliorer l’efficacité des services de sécurité et accélérer les procédures en justice.

De son côté, la direction de la STIB s’est engagée à mettre en place des mesures transitoires, comme l’accompagnement lors d’interventions opérationnelles de chaque superviseur par un agent de sécurité de la STIB, mais aussi l’envoi systématique de deux véhicules pour toutes les interventions de sécurité et la garantie de disponibilité permanente de trois véhicules d’intervention sur le réseau pendant les heures d’exploitation.

Alors que la direction de la STIB s’est dite « impressionnée » par l’ampleur et la qualité des mesures proposées par les autorités fédérales et bruxelloises, les syndicats se sont montrés prudents face à ces propositions, affirmant que certaines choses avaient déjà été promises par le passé, sans se concrétiser à longue durée.

"Ces promesses ne sont pas neuves"

« Les promesses de libérer des agents de la réserve fédérale ne sont pas neuves. Par le passé, à la suite d’incidents sérieux, on a vu la police fédérale ou locale sur le terrain pendant deux semaines, et puis on ne l’a plus vue », précisait Luc Smekens (photo) du syndicat chrétien.

A l'issue de la concertation entre délégués syndicaux et la base, il est apparu ce mardi après-midi que les affiliés au syndicat socialiste souhaitent poursuivre l'action de protestation, considérée dès ce mardi comme une grève. Le syndicat chrétien a confiance dans les propositions des autorités fédérales et bruxelloises, mais affirme aussi comprendre la méfiance du personnel de la STIB.

Les trois principaux syndicats sont réunis depuis ce mardi après-midi dans un endroit gardé secret, pour se concerter sur de possibles actions. La direction de la STIB serait présente à cette réunion. L'appel lancé par le directeur-général de la STIB, Kris Lauwers, en faveur de la reprise du travail au vu des propositions avancées par la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet ne rencontre pour l'instant pas beaucoup d'écho au sein du personnel.

Alors que les syndicats appellent à bloquer mercredi matin les dépôts de la STIB, il était très probable en cette fin d'après-midi que la circulation des bus, trams et métros de la société bruxelloise de transports en commun serait au moins encore très perturbée mercredi.