La piscine de Leopoldsburg fermée

Le ministère de la Santé publique a obligé l’établissement de la ville limbourgeoise à fermer ses portes après que 24 nageurs d’un club de natation local soient tombés malades à cause de la mauvaise qualité de l’air de la piscine. Le bourgmestre de Leopoldsburg regrette la fermeture. Selon lui, la qualité de l’air de l’établissement aurait été nettement améliorée.

Les problèmes de mauvaise qualité de l’air sont apparus l’an dernier, à la suite de travaux de rénovation de la piscine de Leopoldsburg. Des mesures prises sur place ont révélé la présence de substances toxiques dans l’air, avec une concentration trois fois plus élevée que ce qui est autorisé.

Une trentaine de nageurs d’un club de natation se sont plaints de maux de tête et d’une respiration sifflante. Le club de natation a alors demandé au professeur Lieven Dupont de l’hôpital universitaire de Louvain d’analyser ces plaintes. Ce dernier a ainsi pu constater que les nageurs souffraient de problème sérieux aux voies respiratoires.

« Nous ne pouvons que constater qu’un nombre assez important de personnes - contrairement à ce qui s’est passé auparavant - s’est plaint d’une sensibilité rehaussée aux voies respiratoires », explique le professeur Dupont. « Un lien est en plus apparu avec une exposition plus importante au gaz mesuré dans l’atmosphère de la piscine. Nous ne pouvons prouver un lien de cause à effet, mais il y a clairement une association ».

L’Inspection de la santé a également effectué des mesures sur place et conclu récemment que la quantité de trichloramine mesurée dans l’air de la piscine excède les normes de l’Organisation mondiale pour la santé. La législation environnementale flamande ne comporte par contre pas de normes pour la qualité de l’air dans les piscines publiques. A la demande du ministère de la Santé publique, la norme prônée par l’Organisation mondiale pour la santé a donc été reprise dans les conditions d’exploitation de la piscine de Leopoldsburg.

Le bourgmestre de Leopoldsburg, Erwin Van Pée (SP.A), regrette la fermeture de la piscine. Selon lui, la situation s’était déjà améliorée et le problème de mauvaise qualité de l’air devait bientôt être résolu. Le tuyau d’écoulement qui était responsable des émanations toxiques a ainsi déjà été enlevé.

Peu de normes de qualité pour nos piscines

En Flandre, il existe des normes de qualité pour l’eau des piscines, mais pas pour l’air de ces mêmes établissements. « Les seules indications données par les autorités flamandes sont que l’air frais pour les piscines doit être pompé directement de l’extérieur, à un endroit qui se trouve suffisamment éloigné d’un dépôt de produits chimiques ».

L’air frais ne peut pas non plus passer d’abord par les salles techniques, à moins que cela se fasse via des canalisations qui sont hermétiquement fermées, précise Marjolijn van Poppel de l’Institut flamand pour la gestion du sport et de la politique de récréation.

En Wallonie et à Bruxelles, des normes sont par contre bien en vigueur pour la qualité de l’air dans les piscines publiques.