Les frais de personnel pèsent sur le budget de défense

Des 27 pays de l’Otan qui possèdent une armée, la Belgique est, après la Lettonie et la Bulgarie, celui qui consacre le plus faible pourcentage (6,4%) de ses dépenses de défense au renouvellement du matériel militaire. C’est ce qu’indique l’Alliance atlantique dans son document « Données économiques et financières concernant la défense de l’Otan ».

L’Otan souligne qu’une part très large des dépenses belges en défense est consacrée au personnel militaire et civil. A lui seul, ce dernier absorbait en 2011 plus de 75% des dépenses. C’est un sommet historique, en hausse d’année en année.

A l’inverse, les dépenses d’équipement - soit principalement l’achat de matériel militaire - sont très restreintes en Belgique. Elles ne représentent que 6,4% du total des dépenses, soit juste un peu plus que ce que dépensent la Lettonie (5,7%) et la Bulgarie (6,3%). Selon les chiffres de l’Otan, la Belgique a donc dépensé encore moins l’an dernier qu’en 2010 (6,8%) pour l’achat d’équipement militaire.

Le ministère belge de la Défense relativise ces chiffres, en faisant la distinction entre le « budget de la Défense » et les « dépenses de la défense », une notion plus large englobant aussi le coût des pensions des militaires. Le ministère précise en outre que l’Otan ne tient compte que des gros investissements, et pas de tous les petits achats.

Le document de l’Otan, publié à l’approche du sommet atlantique de Chicago au mois de mai prochain, révèle par contre une légère hausse du budget total pour la défense belge l’an dernier, pour atteindre 3,986 milliards d’euros. Ce qui représente environ 1,1% du produit intérieur brut du pays. L’Otan demande cependant à ses membres de consacrer au moins 2% du PIB à la défense. Mais depuis la fin de la Guerre froide, la Belgique - comme la plupart des autres pays membres - n’y parvient plus.

Pour rappel, les différents plans de restructuration de l’armée adoptés depuis l’an 2000 par le gouvernement fédéral belge prévoyaient d’augmenter de façon significative les dépenses pour l’équipement militaire, afin de ramener progressivement la structure du budget de la défense à de meilleures proportions, soit 50% pour le personnel, 25% pour les investissements et 25% pour le fonctionnement, dont les entraînements.

Enfin, le rapport de l’Otan décrit les réductions d’effectifs qui ont touché les armées alliées depuis la fin de la Guerre froide. En Belgique, cet effectif est passé de 106.000 (gendarmerie comprise) en 1990 à 47.000 en 1995, après la démilitarisation de la gendarmerie et l’abolition du service militaire obligatoire. En 2011, les effectifs se chiffraient à 32.000 hommes et femmes. Le personnel de la Défense ne représente ainsi plus que 0,7% de la population active, contre 2,7% en 1990.