Vente d'armes à la police: y-a-t-il eu corruption ?

Le choix de la société américaine Smith & Wesson plutôt que la liégeoise FN Herstal pour l’achat de 20.000 nouveaux pistolets pour la police fédérale avait provoqué une onde de choc en Wallonie. La FN a vu un marché de 4,35 millions d’euros lui passer sous le nez.

La Justice a ouvert une vaste enquête sur une possible corruption lors de l'achat de 20.000 pistolets par la police fédérale, rapporte mercredi De Morgen.

La commande avait été remportée par la société américaine Smith & Wesson au détriment de la FN Herstal mais il pourrait y avoir eu falsification du marché public.

En 2010 et 2011, la police fédérale a acquis au total 8.361 pistolets de type Military & Police MP9 auprès de Smith & Wesson. L'accord, d'une valeur de 4,35 millions d'euros, avait été entériné lors du conseil des ministres du 3 décembre 2010. Annemie Turtelboom (Open VLD) était à l'époque ministre de l'Intérieur.

Le juge d'instruction bruxellois Jean-Claude Van Espen a désormais ouvert une enquête sur l'achat de ces armes. Des fonctionnaires de la police fédérale sont en effet soupçonnés de corruption dans le cadre de l'attribution du contrat. Plusieurs policiers ont déjà été entendus par la Justice et des perquisitions ont été menées.
L'enquête judiciaire a été lancée après un avertissement provenant d'un maire français, qui a fait part à la justice belge du comportement étrange d'un policier belge. Ce dernier voulait acheter des terrains en France avec un Américain.

Milquet attend l'issue de la procédure judiciaire

Quant à la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), elle dit attendre l'issue de la procédure judiciaire.

Outre une suspension en cas d'inculpation, elle annonce qu'elle demandera au Comité P de réaliser un "screening" des marchés publics passés par la police ces dernières années.

Mme Milquet s'engage également à renforcer le service d'audit interne de la police fédérale et à rendre plus faciles les procédures disciplinaires en son sein.

Elle veut aussi favoriser un contrôle de qualité afin d'assurer des pratiques éthiques, disent encore les journaux.