Le travail au noir touche 4 Belges sur 10

Près de 40% des Belges ont fait appel au travail au noir l’année dernière. C’est ce qui ressort d’une enquête des universités de Leuven (KUL), Liège (ULg) et Bruxelles (ULB). 14% des personnes interrogées ont aussi avoué avoir travailler au noir durant les 12 derniers mois.

40 % des Belges interrogés ont avoué avoir acheté des biens et des services au noir, durant les douze derniers mois. La somme moyenne pour la plus grande transaction échappant à tout prélèvement de l’Etat est de 1.553 euros.

Du côté de l’offre, 14 % des sondés admettent avoir travaillé au noir durant l’année écoulée. Près de la moitié le font pour des amis. Si on compare l’offre à la demande, on remarque que le Belge signale plus facilement un comportement frauduleux chez l’autre plutôt que de confesser ses propres fautes.

Risque faible d'être attrapé

Une des raisons le plus souvent cité pour expliquer le succès du travail au noir est qu’il est moins cher. Lorsqu’on parle d’achat au noir, il s’agit avant tout de services prestés.

Autre explication : le risque d’être attrapé pour travail au noir est considéré comme faible, voire très faible, par près de 60 % des personnes interrogées.

Enfin, 80 % des Belges interrogés disent connaître des gens qui achètent ou travaillent au noir.

Dernier enseignement à relever dans l’étude universitaire : contrairement aux idées répandues dans l’opinion publique, les allocataires sociaux (chômeurs, pensionnés, etc.) sont moins fraudeurs que le reste de la population tant pour l’offre que la demande de travail au noir.

En effet ceux-ci sont davantage contrôlés et les risques sont beaucoup plus élevés s’ils se font prendre.

"Lutte plus efficace et plus ciblée"

Pour le Secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude, John Crombez (SP.A), il faudrait créer une base plus large pour lutter contre la fraude. "Avec des contrôles plus efficaces et plus ciblés nous pourrions faire prendre conscience à la population que nous nous attaquons vigoureusement à la fraude. Ce qui leur fera certainement réfléchir avant d’adopter un tel comportement".