La Cellule hormones trouve plus de produits interdits dans l’élevage

La Cellule multidisciplinaire hormones de la police fédérale a constaté en 2011 une hausse exceptionnelle de l’emploi d’activateurs de croissance illégaux dans le secteur de l’élevage, notamment des porcs. Cette hausse ne constituerait cependant pas un danger pour la santé publique. Le plus grand syndicat des agriculteurs Boerenbond contredit les constatations de la Cellule hormones.

Le rapport annuel de la Cellule multidisciplinaire hormones de la police fédérale belge indique que « le nombre de fraudes constatées dans l’élevage a augmenté de manière particulière pendant l’année 2011 ». Des analyses ont notamment permis de constater que des stimulateurs de croissance illégaux ont été utilisés, en particulier dans les élevages porcins.

Les enquêteurs ont relevé une présence importante de prednisolone - un corticostéroïde - dans l’urine des porcs. Cette substance permet, même administrée en petite quantité, d’accélérer la croissance des animaux. Jusqu’en 2010, très peu de cas de fraudes avaient été détectés dans l’élevage de porcs, alors que l’an dernier la moitié des « constatations non-conformes » ont été effectuées dans ce type d’élevage.

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) - qui enquête sur les producteurs d’aliments et les élevages - recherche actuellement une explication à cette augmentation particulière. Des mesures appropriées devraient ensuite être prises.

Selon le magistrat aux hormones Francis Clarysse, l’utilisation d’activateurs de croissance illégaux ne constituerait pas un danger pour la santé publique. « La chance dans cette malchance est que ce sont toujours de petites quantités d’hormones qui ont été administrées, ce qui réduit le risque pour la santé publique ».

Dans l’élevage de bovins également, un nombre accru d’échantillons se sont révélés non-conformes. « L’utilisation de corticostéroïdes pour engraisser les bovins n’est pas neuve. Le fait que les animaux sont ainsi plus rapidement prêts à être abattus permet d’engraisser davantage d’animaux par an, avec pour conséquence une augmentation des rentrées financières », explique Clarysse.

"Pas de substances illégales dans l’élevage de porcs"

Le syndicat des agriculteurs Boerenbond met en doute les conclusions tirées par la Cellule hormones en ce qui concerne, notamment, le secteur de l’élevage de porcins.

Selon son président Piet Vanthemsche (photo), tous les élevages de porcs concernés ont été contrôlés et dans aucun d’entre eux l’Agence fédérale n’a trouvé des substances illégales de croissance.

« Nous avons maintenant demandé un avis du Comité scientifique de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, qui a également exprimé des doutes sérieux quant à l’origine de la présence de cortisone dans l’urine des porcs. Nous soupçonnons que cette cortisone est fabriquée par le corps des porcs-mêmes ». Les porcs produiraient cette substance parce qu’ils éprouvent du stress.