Plus de 10% des Flamands sous le seuil de pauvreté

Le nombre de Flamands qui doivent survivre avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté est en hausse. En 2010, quelque 30.000 personnes supplémentaires par rapport à 2009 se trouvaient dans cette situation. Environ 20.000 enfants supplémentaires vivaient aussi dans une situation très précaire en Flandre en 2010. Les chiffres pour le nord de la Belgique sont néanmoins meilleurs que la moyenne européenne.

Lorsqu’une personne isolée doit survivre avec moins de 973 euros par mois, elle risque davantage de sombrer dans la misère. Pour une famille avec deux enfants, le seuil de pauvreté se situe autour de 2.000 euros de revenus par mois.

En 2010, le nombre de Flamands qui touchaient un revenu inférieur au seuil de pauvreté était monté à 650.000, ce qui représente 10,4% de la population dans le nord de la Belgique. Et c’est 30.000 personnes de plus qu’en 2009. En d’autres termes, plus de 10% des Flamands vivent sous le seuil de pauvreté.

C’est avant tout la hausse du nombre d’enfants touchés par la misère qui interpelle. Ainsi, le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté en 2010 de 20.000 unités, pour atteindre un total de 140.000 enfants indigents. Le nombre d’enfants qui naissent dans une famille pauvre atteint un sommet de 8,6%, contre 8,2% en 2009. Pour comparaison, en 2001 il n’y avait encore « que » 6% d’enfants qui naissaient dans une situation de grande précarité.

Les chiffres pour la Flandre se situent néanmoins en-dessous de la moyenne européenne, qui est de 16% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Les objectifs très ambitieux poursuivis par le gouvernement flamand pour 2020 semblent donc loin de pouvoir être réalisés. Le gouvernement régional espère ainsi pouvoir réduire d’ici 2020 à 430.000 le nombre d’adultes qui vivent sous le seuil de pauvreté en Flandre et à 60.000 le nombre d’enfants qui se trouvent dans cette situation précaire dans le nord de la Belgique.

Mauvais points pour le gouvernement flamand

Le « Réseau flamand d’associations où les pauvres prennent la parole » s’indigne de ces chiffres alarmants. L’association souligne que le gouvernement flamand n’est jusqu’ici parvenu à réaliser que 2 de ses 12 priorités, alors que la moitié de la législature est déjà écoulée. A cela s’ajoute le fait que la date butoir pour l’augmentation de logements sociaux en Flandre a été repoussée de 2020 à 2023.

L’association critique aussi le fait qu’un certain nombre de mesures d’économie font particulièrement mal aux personnes touchées par la misère. « La diminution de l’offre de la société flamande de transports en commun De Lijn hypothèque les chances de mobilité et de travail des personnes vivant dans l’indigence », souligne l’association flamande. Cette dernière rappelle aussi que la facture maximale dans l’enseignement primaire a été augmentée.

Le gouvernement flamand ne reçoit donc pas de bon point. La ministre chargée de la Lutte contre la pauvreté, Ingrid Lieten, a cependant fait savoir qu’elle considérait cette lutte comme l’une de ses priorités. Selon la ministre, le gouvernement flamand ferait actuellement déjà de son mieux, mais la crise économique rendrait son travail nettement plus difficile.