Le "DSK de Flandre" arrête la politique

Le candidat tête de liste N-VA pour les élections communales à Bruges, Pol Van Den Driessche, se retire de la campagne électorale. Il met ainsi un terme à sa carrière politique, une semaine après avoir été accusé par plusieurs femmes d’intimidation sexuelle. L’une d’entre elles a officiellement déposé plainte contre cet ancien journaliste et ex-sénateur CD&V.

C’est par l’intermédiaire d’un communiqué de presse que le candidat Pol Van Den Driessche a annoncé qu’il arrêtait la politique. Il y indique que les attaques récemment publiées dans la presse flamande devenaient insoutenable pour lui et sa famille.

"Les attaques persistantes et orchestrées sur ma personne sont devenues insupportables pour ma famille et pour moi-même. Ceci est inhumain, nous traversons un enfer. Cela doit s’arrêter", peut-on lire dans son communiqué.

Pol Van Den Driessche présente par ailleurs ses sincères excuses auprès des femmes qui ont vécu son comportement comme dépassant les limites. "Je n’ai pas ressenti cela comme ça à l’époque, et si ça a été perçu comme insolent ou blessant : ça n’a jamais été mon intention".

La semaine dernière, l’hebdomadaire flamand avait présenté l’ex-sénateur CD&V comme "le DSK de Flandre", relayant une série de témoignages racontant "vingt ans" de frasques qui selon les principales interrogées ont parfois évolué en "intimidation sexuelle".

Pol Van Den Driessche qualifie cette comparaison à l’ex patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, de douloureuse. C’est même la raison pour laquelle il réagit. "Ma réaction à certains témoignages a été déterminée par le fait que je suis comparé à un homme soupçonné de viol et d’implication dans un réseau de prostitution. Je ne suis pas un malfaiteur", souligne-t-il ainsi.

Il estime par ailleurs que les attaques envers sa personnes ne s’arrêteront pas tant qu’il reste candidat aux élections d’octobre. C’est la raison pour laquelle il a choisi de se retirer de la campagne.

Une semaine d’accusation et de défense

Après la publication des témoignages dans le magasine Humo, l’émission de la VRT "Reyers laat" avait également reçu sur son plateau des femmes témoignant des intimidations sexuelles qu’elles auraient subies. D’autres avaient pour leur part pris la défense de Pol Van Den Driessche.

De son côté, le président du CD&V, Wouter Beke a également admis que le sénateur chrétien-démocrate de l’époque n’était plus le bienvenu dans son parti, car il circulait de telles "histoires" à son propos.

Hier, l’ancienne journaliste Marie-Anne Wilssens du quotidien Het Nieuwsblad, dont Van Den Driessche a été le rédacteur en chef, a déposé plainte contre Pol Van Den Driessche. La plainte est toutefois symbolique, les faits étant prescrits.

Ce dimanche, une lettre ouverte rédigée par d’anciennes collègues a été publiée. Elles y indiquent n’avoir jamais subi d’intimidation professionnelle ou sexuelle.