Inspection européenne à la prison de Forest

A la demande du Conseil de l’Europe, le Comité de prévention pour la Torture (CPT) passera toute cette semaine à la prison de la commune bruxelloise de Forest pour y vérifier les conditions de détention résultant notamment de la surpopulation carcérale. Le Comité a déjà inspecté d’autres prisons en Belgique.

Le Comité de prévention pour la Torture est notamment chargé de vérifier si la prison de Forest respecte la Convention européenne des Droits de l’Homme et en particulier son article relatif à l’interdiction de la torture.

La visite est effectuée à la demande de la Commission de surveillance de la prison de Forest, indique sa vice-présidente Fabienne Simons. « La Commission de surveillance a signalé au Comité les problèmes auxquels est confrontée la prison : surpopulation, état déplorable du bâtiment, dont deux ailes n’ont toujours pas d’installation sanitaire dans les cellules ». Les prisonniers, parfois enfermés à trois dans un espace de 9 m² doivent alors uriner dans un seau. « Ce ne sont pas des conditions dignes du 21e siècle ».

Le CPT visitera la prison de Forest pendant toute la semaine et aura un accès illimité à tous ses recoins. Il rencontrera aussi des acteurs en-dehors de l’établissement carcéral, comme notamment la section belge de l’Observatoire international des prisons. Après son inspection, le Comité de prévention pour la Torture rédigera un rapport qui sera adressé officiellement au gouvernement belge. Ce dernier devra s’expliquer sur les éventuels manquements constatés.

La prison de Forest abritait à la fin du mois de mars dernier plus de 730 détenus, alors qu’elle n’a en principe que de la place pour 402 prisonniers. Diverses organisations ont déjà mis en garde contre la dégradation de la situation dans la prison bruxelloise. Au début de ce mois d’avril, six juges d’instruction et magistrats bruxellois avaient à nouveau tiré la sonnette d’alarme.