Tobback : "Nous ne ciblons pas tout le patronat"

Dans son discours prononcé lundi soir au Vooruit à Gand à l’occasion du 1er mai, fête du travail, le président du parti socialiste flamand (SP.A) Bruno Tobback a appelé les militants à ne pas se tromper d'ennemis en ciblant tout le patronat. De son côté, le syndicat socialiste (FGTB) a dénoncé les menaces de "dissolution de notre Etat providence".

Le président du SP.A, Bruno Tobback, s'en est pris aux salaires exorbitants des dirigeants d'entreprises publiques. Il a appelé au plafonnement de ces émoluments au niveau de ceux du Premier ministre.

Bruno Tobback a en outre exprimé une exigence à l'adresse de "ses" ministres: ils ne pourront plus approuver un contrat par lequel le salaire de l'un de ces dirigeants d'entreprise publique dépasserait ce plafond.

Le président ne veut plus entendre les discours de ceux qui considèrent que les travailleurs de Belgique vivraient au-dessus de leurs moyens.  Et de rappeler la façon dont la dette belge est repartie à la hausse, à la suite de la crise bancaire, et avoisine aujourd'hui les 100 pc du PIB.

"Est-ce à cause de pensionnés qui vivraient au-dessus de leurs moyens? Est-ce à cause des travailleurs de Quick qui vivraient au-dessus de leurs moyens? Je ne le pense pas", a-t-il lancé.

"Ne pas se tromper d’ennemis"

Le président des socialistes flamands a également appelé les militants à ne pas se tromper d'ennemis en ciblant tout le patronat. Il a évoqué le cas des entrepreneurs actifs dans le secteur du transport, de la construction ou du nettoyage qui doivent faire face au dumping social pratiqué par leurs concurrents. Selon lui, il est nécessaire de conclure un pacte avec ces employeurs "pour montrer que dans cette discussion, nous sommes à leurs côtés".

La FGTB veut une augmentation de 10% du salaire minimum

Le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, a pris la défense de l'indexation des salaires à la veille du 1er mai, également au Vooruit à Gand. Le syndicat socialiste avait déjà pris la défense de l'index l'an passé. Il a remis lundi le couvert en prévision des discussions sur un plan de relance.

"L'indexation, ce n'est pas une augmentation de salaire. Une indexation permet simplement de pouvoir acheter la même chose qu'avant l'augmentation des prix", a souligné le président de la FGTB.
Le syndicaliste a également pointé du doigt les patrons et les libéraux, accusés de confondre indexation et inflation. "L'index, c'est le thermomètre. Un thermomètre ne provoque pas la fièvre", a-t-il lancé. Et de dénoncer les augmentations de salaires de certains dirigeants d'entreprises, comme celui de Bekaert dont la rémunération a augmenté d'un tiers alors qu'il voulait licencier 609 travailleurs.
Rudy De Leeuw a réclamé une nouvelle fois que les bénéfices tirés des centrales nucléaires amorties soient consacrés à la diminution de la facture du consommateur, par le biais d'investissements dans les énergies renouvelables et une meilleure isolation des bâtiments. "Un vrai plan de relance!", a-t-il ajouté.
A ses yeux, il y a suffisamment d'argent disponible pour lancer un tel plan "si l'on réoriente vers l'emploi et l'investissement les 15 milliards d'euros que les employeurs reçoivent sous diverses formes".
Le leader syndical a par ailleurs répété son plaidoyer en faveur d'une augmentation de 10% du salaire minimum. Cette hausse permettra à certains travailleurs plus pauvres de rejoindre le niveau des travailleurs de la classe moyenne. "C'est bon pour l'économie, car ça stimule la demande", a expliqué Rudy De Leeuw dans les colonnes du quotidien "De Morgen" de lundi.

"Les patrons doivent prendre leurs responsabilités"

A Anvers, la ministre de l'Emploi Monica De Coninck a insisté sur les efforts que les patrons devraient fournir pour investir dans leurs travailleurs. "Les gens seront prêts à faire leur part de l'effort, tant qu'ils sentiront qu'on ne les prend pas pour des imbéciles en étant les seuls à le faire", a-t-elle lancé.
 

Monica De Coninck, qui était accompagnée du syndicat socialiste ABVV pour marquer l'unité socialiste, a souligné que le travail était un droit qui échappait encore à trop d'étrangers et de plus de 50 ans.
"Trois cents mille personnes partiront à la retraite dans les prochaines années, leurs postes doivent être occupés pour payer la sécurité sociale ; les employeurs ont leur part de responsabilité. Chacun doit faire des efforts, être flexible, mais chaque salaire minimal doit aussi être suffisant pour essayer de mener la vie que l'on souhaite".
A Bredene (Flandre occidentale), le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez a souligné que la fraude était en elle-même "un impôt pour les gens qui paient déjà trop d'impôts".
Evoquant l'indispensable réforme du secteur bancaire, il a appelé à séparer les activités risquées de celles d'épargne et de dépôt, ainsi qu'à un contrôle "bien plus drastique" du secteur.
 

Vande Lanotte prêt à combattre une hausse des tarifs de distribution

Quant au vice-premier ministre Johan Vande Lanotte il a notamment promis de s'opposer à la forte hausse annoncée des tarifs de réseaux de distribution de l'énergie à l'horizon 2015.

"Les prix sont bloqués pour trois années: 2012, 2013 et 2014. Et voilà que le président de l'une des sociétés de distribution (Geert Versnick, d'Eandis, ndlr) vient nous dire sans rire que les prix augmenteront en 2015. Qu'il l'oublie! ", a lancé le ministre de l'Energie dans son fief d'Ostende.