Quatre Belges au Reine Elisabeth de violon

L’édition 2012 du Concours musical belge de renommée internationale - qui fête ses 75 ans d’existence et est consacré alternativement au violon, au piano et au chant, mais aussi à la composition - a débuté lundi au centre Flagey à Bruxelles. Pas moins de 78 violonistes s’y affrontent, dont les Belges Claire Dassesse, Marc Bouchkov, Jolente De Maeyer et Eugenia Ryabinina. Deux d’entre eux présentent ce mercredi leur première épreuve éliminatoire.

Le Concours musical international lancé en 1937 à Bruxelles par le violoniste belge Eugène Ysaÿe, avec le soutien de la Reine Elisabeth de Belgique, souffle cette année ses 75 bougies avec une vigueur renouvelée. Considéré encore toujours comme l’un des concours de violon, piano et chant les plus difficiles au monde, il a une nouvelle fois attiré des dizaines de candidatures de jeunes violonistes cet hiver.

Quelque 88 candidats ont été retenus par le jury de présélection, sur base des documents audio-visuels qu’ils avaient envoyés, et 78 se sont finalement présentés vendredi dernier pour la traditionnelle séance du tirage au sort de l’ordre de passage aux épreuves éliminatoires. Parmi ces violonistes âgés de 18 ans à 30 ans (une dérogation est parfois accordée à 16 ou 17 ans), il y a quatre Belges : la Flamande Jolente De Maeyer, la Bruxelloise Claire Dassesse, Marc Bouchkov né en France et Eugenia Ryabinina, qui est originaire de Russie.

Le Conservatoire délabré délaissé

La première épreuve éliminatoire a débuté lundi et s’achèvera samedi 5 mai avec la proclamation des 24 demi-finalistes. Pour la première fois en 75 ans, cette épreuve et la demi-finale (du 7 au 12 mai) ont lieu non pas au Conservatoire royal de musique de Bruxelles, mais bien au centre Flagey (ancienne Maison de la radio et télévision) dans la commune d’Ixelles. Plus précisément au Studio 4 de Flagey, réputé pour son excellente acoustique.

Les organisateurs du Concours ont en effet jugé que l’état de délabrement du Conservatoire ne permet plus d’accueillir en toute sécurité le public et les médias qui assistent très nombreux à ces épreuves. Les exigences de retransmission en radio et télévision dépassent maintenant les possibilités réduites du lieu.

C’est le violoniste américain Josef Spacek (photo principale) qui ouvrait lundi soir le Concours Reine Elisabeth 2012 au Flagey. Le même soir, la Bruxelloise Claire Dassesse (photo ci-dessus) présentait également son programme de première épreuve. Agée de 22 ans, cette violoniste et pianiste qui a étudié à Bruxelles, Genève et Cologne participe pour la première fois à un grand concours international. Plusieurs de ses professeurs sont des anciens lauréats du Reine Elisabeth.

Ce mercredi 2 mai, deux Belges présentent leur première épreuve à Flagey. Il s’agit tout d’abord de Marc Bouchkov (21 ans, photo), né à Montpellier (France) et dont le père Evgueni et la grand-mère Zora Shikmurzaeva ont été lauréats du Reine Elisabeth. Il a étudié à Lyon et Paris et remporté déjà quelques prix en Europe.

En soirée, c’est Jolente De Maeyer (28 ans, photo) qui défendra sa candidature, avec des œuvres de Bach, Schumann et Paganini. Cette jeune Flamande née à Bruxelles a étudié en Angleterre, en Allemagne et est actuellement élève à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Waterloo. Elle a déjà remporté plusieurs prix européens et atteint en 2009 la demi-finale du Reine Elisabeth.

Quant à la Belge d’origine russe, Eugenia Ryabinina (27 ans, photo ci-dessous), elle présentera en tout dernier son programme d’épreuve éliminatoire, samedi soir. Née dans une famille de musiciens et formée à Bruxelles et Cologne par des violonistes de renom, elle a déjà donné de nombreux concerts en soliste, notamment au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar), où se déroulera du 21 au 26 mai la finale du Reine Elisabeth 2012, accompagnée par l’Orchestre national de Belgique placé sous la direction de Gilbert Varga.

Avant de jouer au Bozar, les douze finalistes auront chacun passé une semaine d’isolement à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth pour y préparer notamment tout seul le concerto inédit imposé, dont le titre et le compositeur - vainqueur du concours Reine Elisabeth de composition de cette année - seront présentés à la presse lorsque le dernier des 12 finalistes aura rejoint la Chapelle.

Comme chaque année, le Reine Elisabeth est suivi par de très nombreux médias, belges et étrangers. Les épreuves de finale seront retransmises en direct ou différé par diverses chaînes de radio et télévision.

Une tradition d’excellence vieille de 75 ans

Le Concours Reine Elisabeth pour le piano, le violon et la composition fut créé en 1937 et portait alors le nom du violoniste et compositeur belge Eugène Ysaÿe.

La Reine Elisabeth, la grand-mère du roi Albert II, et Ysaÿe (photo) étaient à l'origine de ce projet ambitieux.

Interrompu par la Seconde Guerre mondiale, le concours reprit en 1951, sous le nom de Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique. Il se dote chaque édition d’un prestigieux jury de solistes et pédagogues de tout grand renom.

Depuis 1988, le concours est également ouvert au chant. Les sessions annuelles du Reine Elisabeth sont dédiées alternativement au piano, au violon et au chant. Le concours de composition a lieu chaque année.