Les militaires belges jusque fin 2014 en Afghanistan

La prolongation de la présence militaire belge en Afghanistan a été confirmée à l’occasion d’une visite de 2 jours des ministres belges de la Défense et des Affaires Etrangères, Pieter De Crem et Didier Reynders, à Kunduz, Kandahar et Kaboul, où sont stationnés les soldats belges. Les ministres ont néanmoins posé des conditions aux autorités afghanes.

Les ministres belges de la Défense et des Affaires Etrangères, Pieter De Crem (CD&V) et Didier Reynders (MR), ont effectué vendredi et samedi une visite en Afghanistan, à la veille du sommet de l’Otan qui se tiendra les 20 et 21 mai à Chicago et pendant lequel les chefs d’Etat et de gouvernement devront notamment baliser le retrait des troupes de combat étrangères d’Afghanistan d’ici fin 2014.

Les deux ministres se sont rendus sur les trois bases qui accueillent quelque 600 militaires belges au total, à savoir à Kunduz, Kandahar et la capitale Kaboul. Les Belges sont engagés dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), dirigée par l’Otan. Le plus important contingent belge participe à la défense de l’aéroport international de Kaboul, tandis que l’unité stationnée à Kandahar (au sud du pays) possède quatre avions F-16 qui effectuent des missions contre les talibans.

Dans la province du nord de Kunduz, deux unités belges participent à la reconstruction du pays et à la formation de l’armée afghane. Plusieurs officiers de liaison sont en outre actifs au quartier général allemand, à Mazar-e-Sharif.

Les ministres Pieter De Crem (photo d'archives) et Didier Reynders ont rencontré le président afghan Hamid Karzai, ainsi que leurs homologues afghans de la défense et des Affaires étrangères. Ils ont alors confirmé que la Belgique restera présente sur le sol afghan jusqu’à la fin de l’opération de l’ISAF, en 2014, et que notre pays s’est aussi engagé à y rester actif après cette date, notamment pour que des instructeurs belges poursuivent la formation des militaires et policiers afghans.

Présence belge après 2014

La Belgique pose néanmoins comme condition que les militaires belges bénéficient après 2014 aussi d’une protection suffisante. Les deux ministres belges ont également demandé au président Karzai de renforcer la lutte contre la corruption, et de veiller à l’amélioration des droits des femmes dans son pays.

L’Afghanistan aura besoin d’un soutien financier pour continuer à renforcer son armée et assurer la stabilité du pays. Selon les Etats-Unis, le pays devrait avoir besoin de 4 milliards de dollars pour les dix prochaines années. Washington espère que la Belgique contribuera à l’effort à raison de 15 millions d’euros, mais Didier Reynders a précisé pendant sa visite à Kaboul que ce montant n’a pas encore été fixé.

Le ministre des Affaires Etrangères a d’autre part indiqué que la Belgique est prête à poursuivre l’aide au développement en faveur de l’Afghanistan, qui s’élevait à 12 millions d’euros en 2011. Selon les deux ministres belges, les autorités afghanes ont également demandé une aide dans le domaine médical et sont intéressées à une collaboration économique et culturelle avec la Belgique.