"La fugue annonce parfois un acte désespéré"

Le nombre de disparitions de jeunes âgés de 18 à 24 ans a nettement augmenté, pour passer de 10 en 2009 à 74 l’an dernier. C’est ce qu’indique la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités Child Focus dans son rapport annuel pour 2011. Parce que les disparitions sont dans certains cas un préambule à un acte désespéré, Child Focus réclame davantage de mesures pour prévenir les suicides.

Au cours des quatre dernières années, le nombre total de disparitions d’enfants est resté assez stable. En 2011, on a ainsi enregistré 1.101 cas de disparitions, dont 238 étaient « inquiétants ». Dans la catégorie des jeunes adultes, âgés de 18 à 24 ans, le nombre de disparitions a par contre augmenté de façon significative, pour passer de 10 cas en 2009 à 45 cas en 2010 et 74 cas l’an dernier.

Quatre des 74 jeunes adultes qui avaient disparu se sont suicidés. « Une fugue annonce parfois un acte désespéré. Si on combine cela au fait qu’en Belgique il y a 50% de suicides en plus que dans les autres pays européens, alors nous insistons sur la nécessité d’investir dans des mesures préventives », explique Dirk Devoper de Child Focus. La Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités présentait ce lundi son rapport d’activités pour 2011.

Child Focus rappelle que les personnes qui ont des questions par rapport au suicide, peuvent appeler le numéro gratuit 02/649 95 55, ou la permanence téléphonique qui possède le numéro d’appel écourté 106.

60% d’appels supplémentaires au sujet d’abus sexuels

L’an dernier, la Fondation Child Focus a constaté une augmentation de 61% par rapport à 2010 du nombre d’appels reçus qui visaient à signaler des cas d’abus sexuels. Cette hausse importante s’explique notamment par un quintuplement du nombre d’appels préventifs.

Child Focus a ainsi reçu l’an dernier quelque 659 appels relatifs à des abus sexuels supposés ou réels, qui ont conduit à l’ouverture de 534 dossiers. C’est une augmentation de 61% par rapport à 2010, où 331 dossiers avaient été ouverts. Mais le nombre d’appels préventifs est aussi passé de 41 en 2010 à 203 l’an dernier. Ces dossiers concernaient des situations suspectes ou des abus présumés.

La grande majorité des signalements proviennent de membres de la famille de la victime (supposée). Dans 37% des cas, c’est en effet la mère de l’enfant qui signale un (probable) abus. Dans 16% des cas, c’est le père qui prend l’initiative d’appeler Child Focus, et dans 16% des cas également c’est un autre membre de la famille qui téléphone à la Fondation.

Les appels donnés par la victime-même des abus sexuels ne représentent que 7% du total des signalements.