"Le dossier Dexia probablement renégocié"

Le ministre belge des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR, photo principale), déçu de la défaite de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles françaises, s’attend à ce que l’accord franco-belge sur Dexia Holding soit renégocié "maintenant que les deux pays sont dirigés par des amis socialistes". Le ministre était interviewé ce lundi matin dans l’émission "De Ochtend" de la première chaîne radio de la VRT.

Le libéral Didier Reynders, ancien ministre des Finances aujourd’hui chef de la diplomatie belge, n’a jamais caché sa préférence pour une réélection de Nicolas Sarkozy (UMP) à la présidence de la République française. « Mon choix était très clair, mais les Français ont choisi autrement et il faut le respecter », déclarait ce lundi matin le ministre au micro de l’émission « De Ochtend » de la VRT, consacrée à la victoire du candidat socialiste François Hollande.

Selon Reynders, le résultat du scrutin français montre que la France a davantage voté contre Sarkozy que pour Hollande et « un véritable projet. Nous attendons maintenant un véritable projet de Monsieur Hollande. On le voit aussi aux 2 millions de bulletins blancs : en période de crise, des votes de protestation sont souvent exprimés ».

Didier Reynders se réjouit de la volonté affichée par François Hollande (photo) de stimuler la croissance économique, mais il redoute que le nouveau Président le fasse en augmentant les dépenses publiques. « La question est de savoir qui va payer, le contribuable français ou européen ? ». Et le ministre de juger qu’il faut avant tout mettre l’accent sur un renforcement de la compétitivité et sur l’amélioration du marché interne européen.

L’ancien ministre des Finances estime encore toujours que l’accord en vigueur entre la Belgique et la France sur les garanties d’Etat offertes à la banque Dexia est correct. « Mais les socialistes estiment que l’accord est une catastrophe. Je m’attends donc à la conduite de nouvelles négociations. J’espère qu’elles se dérouleront plus aisément maintenant que les deux pays sont dirigés par des amis socialistes », commentait Reynders avec une pointe de cynisme.

Le chef de la diplomatie belge a ensuite avoué avoir « des doutes » sur le fait que la Belgique puisse parvenir à obtenir de meilleures conditions dans le dossier Dexia, malgré les bons contacts entre le Premier ministre Elio Di Rupo et le nouveau Président François Hollande.