La présidentielle française divise les libéraux

Guy Verhofstadt (Open VLD), qui a dirigé le gouvernement belge de 1999 à 2008 et qui préside le groupe libéral au Parlement européen, a salué dimanche soir la victoire du candidat socialiste sur son adversaire de droite Nicolas Sarkozy. Sa réjouissance n’a pas plu à tout le monde chez les libéraux francophones du MR.

"François Hollande a annoncé vouloir réinscrire son pays dans une dynamique européenne. Avec lui, plus question de remettre en cause l'Espace Schengen. Avec lui surtout, s'ouvrent de nouvelles perspectives pour la gouvernance économique de l'eurozone", estimait M. Verhofstadt, surnommé "Baby-Thatcher" dans les années 1980 et reconverti en fédéraliste européen convaincu.

Durant la campagne, le libéral flamand, qui soutenait le centriste François Bayrou, avait tiré à boulets rouges sur la droitisation du candidat-président. "Qui est aujourd'hui le candidat de l'extrême droite? Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy", avait-il lancé devant les eurodéputés.

De hauts responsables des libéraux francophones du Mouvement Réformateur (MR), qui militaient pour la réélection de Nicolas Sarkozy, ont dénoncé lors d'une réunion interne le positionnement du libéral flamand, rapporte mercredi la presse belge.

"Verhofstadt va un pont trop loin dans son flirt avec les partis de la gauche radicale", a déclaré l'ancien chef de la diplomatie belge et commissaire européen Louis Michel (photo du bas), selon le journal néerlandophone De Morgen.

Le ministre des Affaires étrangères et ex-président du MR, Didier Reynders, a quant à lui estimé que les libéraux francophones "ne doivent pas se laisser entraîner dans cette spirale", selon le quotidien La Libre Belgique.

"Je ne veux plus collaborer avec un groupe libéral dirigé par lui", a même déclaré le député libéral francophone Denis Ducarme, qui a repris à son compte des thèmes chers à Nicolas Sarkozy tels que l'immigration ou les frontières européennes.

Selon ses critiques, Guy Verhofstadt, qui s'est éloigné de la politique belge, chercherait le soutien de François Hollande pour briguer en 2014 le poste de président de la Commission européenne qui lui avait échappé en 2004.