"La Grèce ne sortira pas de ses problèmes en quittant la zone euro"

Il faut tout faire pour conserver les Grecs dans la zone euro, car les conséquences d’une sortie ne doivent pas être sous-estimées, affirmait ce mardi le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht (photo principale) dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT. L’ancien ministre belge des Affaires Etrangères estime que la Grèce ne règlera pas ses graves problèmes financiers en se retirant de la zone euro.

« Grexit » ou une éventuelle sortie de la Grèce de l’Union monétaire européenne. Ce néologisme a vu le jour depuis les élections parlementaires en Grèce, au début du mois de mai. Des élections qui ont vu les partis qui s’opposent aux mesures strictes d’économies imposées par l’Union européenne remporter une majorité de votes.

Les trois principaux partis - le Pasok traditionnel, Nea Dimokratia et le Syriza d’extrême-gauche - ont entretemps tous tenté de former un nouveau gouvernement, mais sans succès. Une tentative ultime était entreprise ce mardi par le président Karolos Papoulias (photo), qui propose de composer une équipe de technocrates. Si son initiative échoue, de nouvelles élections en Grèce semblent inévitables.

L’impasse politique grecque a conduit à des spéculations sur une éventuelle sortie du pays de l’Union monétaire européenne, dont il fait partie. Les ministres des Finances de la zone euro ont cependant encore affirmé clairement ce lundi soir qu’une sortie de la Grèce n’était pas à l’ordre du jour.

« Je ne sais pas si cela a jamais été impensable, mais une sortie de la zone euro est une possibilité », déclarait ce mardi matin dans l’émission « De Ochtend » de la VRT le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht (Open VLD). « Si de nouvelles élections doivent être organisées et que les Grecs votent à l’encontre des mesures d’économie, il faudra bien conclure à un certain moment que la Grèce n’a plus sa place au sein de la zone euro ».

Mais il faut encore faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas laisser les choses prendre cette direction. « A mesure que nous entrevoyons davantage les conséquences qu’un départ de la Grèce pourraient avoir, les raisons pour tenter de conserver la Grèce dans la zone euro deviennent plus nombreuses », met en garde Karel De Gucht. Et le commissaire pense avant tout à la population grecque. « Si une sortie se produisait, ce serait un drame duquel la prochaine génération de Grecs ne parviendra sans doute pas à sortir ».

« Pour donner un exemple concret : après quelques mois, il n’y aura plus d’argent pour payer les salaires des fonctionnaires, ni les pensions. Tout simplement parce que le pays ne pourra plus emprunter de l’argent. Et le déficit budgétaire du pays ne disparaîtra pas avec l’abandon de l’euro. Si vous avez un déficit et qu’aucune banque ne veut plus vous prêter de l’argent, alors la situation devient assez désespérée. Cela pourrait mettre en danger la civilisation grecque ».

Un scénario a-t-il été préparé pour l’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro ? « Il y a certainement des gens au sein de l’Union européenne qui voient clairement ce que seront les conséquences d’une telle sortie pour le reste de l’Europe. Pas seulement des problèmes techniques, mais aussi des conséquences financières. Je pars du principe qu’il existe une sorte de « plan catastrophe ». Mais espérons qu’il ne doive jamais être mis en pratique », concluait le commissaire européen au Commerce.