Jean-Luc Dehaene présente ses Mémoires

Dans le recueil de presque 1.000 pages qu’il présentait ce mardi à la presse au château de Val Duchesse à Bruxelles, l’ancien Premier ministre belge retrace 50 ans d’histoire politique. Il décrit d’autre part le sauvetage de Dexia comme une « mission impossible ». Dehaene était administrateur de l’ancienne Dexia Banque Belgique, rebaptisée Belfius.

Dans son livre de près de 1.000 pages, le démocrate-chrétien flamand qui fut de 1992 à 1999 Premier ministre de la Belgique retrace notamment 50 ans d’histoire politique de notre pays et de l’Union européenne. Le ministre d’Etat et ancien bourgmestre de la commune de Vilvorde (Brabant flamand) est en effet depuis 2004 et encore jusque 2014 député européen du Groupe du Parti populaire européen.

Commentant la politique belge actuelle, Jean-Luc Dehaene estime notamment que les partis sont de plus en plus devenus des associations électorales. « Quand on mise tout sur l’obtention de voix de préférence, on obtient des politiciens qui doivent se faire remarquer. Et cet aspect est encore renforcé par les médias sociaux. Je ne pourrais pas fonctionner dans ce genre de politique ».

Selon Dehaene (photo), la politique traverse une époque nouvelle. « Nous vivons dans un autre temps. La nouvelle génération de l’époque digitale doit prendre la parole. Cela nécessite une autre façon de travailler, à laquelle les procédures parlementaires devraient être adaptées ».

"Dexia était une mission impossible"

L’ancien Premier ministre consacre un petit chapitre de ses Mémoires à sa présidence du conseil d’administration de Dexia. Il raconte comment le sort de la banque était déjà scellé au moment où il a accepté la mission de sauvetage. « J’ai accepté cette mission au moment où le gouvernement fédéral avait besoin d’aide. Mais si j’avais pu étudier le dossier à l’avance, je n’aurais vraisemblablement pas accepté ».

L’héritage du passé pesait trop lourd, écrit encore Dehaene dans ses Mémoires. La crise de l’euro et la chute des obligations d’Etat ont été fatales à Dexia. Jean-Luc Dehaene critique aussi brièvement l’ancien ministre des Finances, Didier Reynders (MR), affirmant que ce dernier était plus concerné par les contributions que Dexia pouvait apporter au budget que par les risques encourus.