Des cigarettes en promo dans trois supermarchés

Le service de contrôle de la Santé publique a dressé un procès-verbal à l'encontre des chaînes de magasins Makro, Aldi et Colruyt pour non-respect de la législation sur l'interdiction de publicité pour le tabac. Les chaînes proposent en effet des baisses de prix sur les cigarettes.

Les trois supermarchés vendent des cigarette à un prix moins élevé que celui fixé sur les timbres fiscaux ou accordent des réductions à l’achat d’une grande quantité de paquets.

Les services de contrôle ont entamé un enquête en 2011 sur les promotions tarifaires proposées par ces chaînes de magasins. Aldi aurait ainsi offert un prix jusqu'à 20% en dessous de celui indiqué sur les timbres fiscaux des produits de tabac. Chez Makro et Colruyt, on parle de réductions de 7 à 9%.

En proposant de telles promotions, les grandes surfaces enfreignent la législation belge, comme a pu le constaté le service de contrôle de la Santé publique. "La publicité pour le tabac est très stricte. Toute forme de réclame est interdite, mis à part les affiches dans les librairies. La vente à un prix promotionnel n’est donc pas permise", souligne Paul Van de Meerssche, inspecteur en chef du service de contrôle de la Santé publique.

"Un grand risque pour les jeunes"

Ce qui inquiète le plus les inspecteurs, ce sont les réductions accordées aux maisons de jeunes et aux mouvements de jeunesse par Makro et Colruyt.

Paul Van Den Meerssche reconnaît que des réductions peuvent être accordées dans le cadre de relations entre entreprises. "Mais je ne considère pas un mouvement de jeunesse comme une entreprise qui doit réaliser du profit. Ce type de réductions n'a pas lieu d'être. Un point c'est tout."

"Nous avons l’impression que les grandes surfaces sont principalement fixées sur les prix, et qu’elles n’ont pas conscience qu’il ne s’agit pas de produits normaux comme de la viande ou d’autres produits alimentaires. Les articles de tabac sont très nocifs pour la santé, et la plupart des fumeurs commencent avant l’âge de 18 ans", indique encore Paul Van Den Meerssche.

Les supermarchés risquent des amendes pouvant aller jusqu'à 600.000 euros et les procès-verbaux pourraient être transférés au parquet pour d'éventuelles poursuites judiciaires. Plusieurs librairies et magasins de quartiers ont également porté plainte pour concurrence déloyale.