"Un scénario pour éviter l’effet domino"

"L’Union européenne et la Banque centrale européenne travaillent sur un scénario de secours afin d’éviter un effet domino en cas d’un retrait de la Grèce". C’est ce qu’a indiqué le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, dans un entretien accordé au quotidien flamand De Standaard.

"La fin de partie est à présent engagée et comment cela va se passer, je ne le sais pas", déclare le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht à propos de la situation en Grèce. "La question est de savoir si tout le monde pourra garder son sang-froid dans les semaines à venir". Après l’échec de la formation d’un gouvernement, les Grecs vont devoir retourner aux urnes le 17 juin prochain.

Il n'y a, selon M. De Gucht, pas d'alternative: "La Grèce doit mettre en oeuvre les accords conclus. C'est la seule option rationnelle qu'a le pays. Mais cela n'est possible que si le peuple grec est en état de juger rationnellement via des élections. Seulement: ce sont des gens désespérés", indique-t-il. Selon lui, ce ne serait pas une bonne idée de spéculer sur le fait que l'Europe plierait après les élections. "Il n'y a pas de marge. On arrive déjà à peine à une diminution de la dette avec le programme qui est actuellement sur la table".

Le commissaire européen estime que la Grèce restera à terme dans la zone euro. Il n'exclut pas un troisième tour d'élections ou un référendum sur le retrait ou non de l'union monétaire. "En cas de sortie, la confusion serait énorme en Grèce", prévient Karel De Gucht. "Le déficit budgétaire ne disparaîtrait pas non plus. Actuellement, ils peuvent encore le financer, avec beaucoup de problèmes, via le FMI et l'Europe. Mais il n'y a plus personne qui leur prête encore un sou".

Pour Karel De Gucht, si la Grèce quitte tout de même l’euro zone, cela n’équivaudrait pas pour autant à la fin de la monnaie unique. "L’idée d’une Europe qui s’écroule si quelque chose ne va plus avec la Grèce est erronée. Mais la Grèce est bel et bien en train de s’effondrer, c’est une certitude", souligne-t-il.

Selon le commissaire au Commerce, le danger de propagation au reste de la zone euro est toutefois écarté. "Il y a un an et demi, il y avait peut-être un danger d'un effet de dominos, mais aujourd'hui il y a, tant au sein de la Banque centrale européenne que de la Commission européenne, des services qui étudient des scénarios de secours au cas où la Grèce ne s'en sort pas". Il n'a pas voulu donner de détails à ce sujet.