Magnette veut plafonner le salaire des grands patrons

Le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette (PS), a préparé une proposition visant à limiter les salaires des top managers des entreprises publiques à un maximum de 290.000 euros bruts par an. Le projet, qui a été présenté ce vendredi au conseil des ministres, est accueilli avec prudence par les partis de la majorité.

Paul Magnette plaide pour un salaire brut de base de maximum 200.000 euros par an. En plus de cela, les top managers des entreprises publiques peuvent encore avoir droit à un bonus de maximum 30% et à une dépense de 15% pour un plan de pension ou une voiture de société, par exemple. Les actions ou stock-options seraient exclues.

Le ministre socialiste propose en outre de réduire l'indemnité de départ à maximum un an de salaire. Celui qui quitterait l'entreprise sur base volontaire ou qui n'aurait pas récolté de bons résultats ne recevrait pas de compensation. La même chose vaudrait si l'entreprise était confrontée à de sérieuses difficultés financières.

Ce projet serait applicable aux nouveaux CEO et membres de la direction d'entreprises publiques telles que Belgacom, la SNCB et bpost, mais aussi pour des sociétés de droit public comme la Loterie Nationale.

"Ce que je propose aujourd'hui s'inscrit dans un mouvement mondial pour apporter plus de morale dans l'économie", indique M. Magnette. Il se dit convaincu qu'"il y aura encore assez de candidats pour ce type d'emplois prestigieux".

Le Comité ministériel restreint a décidé ce vendredi de confier à un groupe de travail la proposition du ministre des Entreprises publiques. Il a également demandé au ministre de présenter une étude comparative de la rémunération des managers dans des entreprises similaires soumises à la concurrence, a précisé le vice-premier ministre Open Vld Vincent Van Quickenborne après la réunion.
 

Réserve et prudence

Le projet du ministre des Entreprises publiques a été accueilli prudemment par les représentants des partis de la majorité.

Joëlle Milquet (cdH) s'est déclarée favorable à une limitation des salaires pour les postes où la concurrence au recrutement est faible, mais elle se montre plus réservée pour les secteurs plus concurrentiels, citant Belgacom et la poste. Elle craint que certaines entreprises publiques "n'attirent plus de gens de qualité et deviennent inefficaces".

Sans se prononcer sur le fond de la proposition, Steven Vanackere (CD&V) a égratigné la méthode de M. Magnette, qui a diffusé son projet dans la presse. "Ce n'est pas la meilleure manière de mettre des choses à l'agenda", a-t-il dit.

Sabine Laruelle (MR) voit dans le projet du ministre PS "une bonne base de travail". Dans un communiqué, le président du MR, Charles Michel, se réjouit de la proposition, mais appelle à encadrer aussi les salaires des patrons actuellement en fonction, en notant que le projet ne les concerne pas. Il répète ses critiques contre les émoluments du patron de Belgacom, Didier Bellens.

Du côté de l'Open Vld, Vincent Van Quickenborne (photo) s'est lui montré plutôt favorable à la mesure, tout en appelant à en mesurer l'impact sur les entreprises. Sur la VRT, le députée Gwendolyn Rutten avait parlé d'un important signal de sobriété.

Laurette Onkelinx (PS) a pour sa part salué la proposition, en ajoutant que le gouvernement devrait aussi travailler à limiter les plus hautes rémunérations dans le secteur privé.